Saison 1 - Le Jeu commence
C'est une masterclass d’introduction : t'es plongé dans une ambiance froide, tendue, presque inquiétante dès les premiers épisodes. Ça parle beaucoup, ça construit énormément, mais je ne me suis jamais ennuyé parce que chaque scène sert vraiment l’histoire et les personnages. La mort de Ned Stark, décapité devant ses filles, à ce moment tu comprends que la série joue pas selon les règles classiques, que personne n’est protégé. Avec du recul, je trouve que toute la saison tourne autour d’une idée simple : dans ce monde, être droit et honorable, c’est presque une faiblesse, et c’est exactement ce qui rend tout aussi marquant.
Saison 2 - La guerre des rois
Un peu plus inégale, mais essentielle pour développer les enjeux. La bataille de la Néra est un énorme moment stratégique, même si la saison repose davantage sur les dialogues que l’action. On sent que la série construit lentement ses futurs climax. C’est ici que Tyrion Lannister prouve qu’il est peut-être le seul vrai "joueur" du trône, contrairement aux rois autoproclamés.
Saison 3 - Le choc des trahisons
Les Noces Pourpres. La mort de Robb Stark et de Catelyn Stark change complètement la dynamique. Les Noces Pourpres sont folles, parce qu’elles punissent la naïveté politique. À partir de là, Westeros bascule définitivement vers un monde où la trahison est plus efficace que l’honneur. C'était juste fou l'un des meilleurs épisodes de la série.
Saison 4 - La chute des puissants
Probablement une des meilleures saisons. Entre la mort de Joffrey Baratheon empoisonné, c'était horrible, le procès de Tyrion ultra touchant et le duel Oberyn vs La Montagne hyper gore c’est un enchaînement de moments cultes. L’épisode 10 avec Tyrion qui tue Tywin est une conclusion parfaite.
Saison 5 - La foi, le feu et la chute
Un peu plus irrégulière, mais avec un énorme pic en E8, avec Hardhome, j'attendais les marcheurs blancs avec impatience. L’arc de Daenerys Targaryen commence à montrer ses limites en tant que dirigeante. Et la marche de la honte de Cersei Lannister est un moment marquant.
Saison 6 - L’apogée du spectacle
La Bataille des Bâtards y'a rien à dire et l'enchaînement avec l’explosion du Sept de Baelor c’est du très très lourd. Jon Snow reprend Winterfell, et Cersei devient reine dans le chaos. Enfin les Stark reprenne leur honneur, c'était émouvant de malade wooow.
Saison 7 - La course finale
Pour moi, la saison 7 est un mélange étrange : elle reste captivante parce qu’on retrouve de grandes scènes et des personnages qu’on adore, surtout avec Jon et Daenerys dont la relation prend enfin toute son ampleur. Mais en même temps, le rythme devient complètement fou, les déplacements sont irréalistes et certaines décisions scénaristiques semblent juste là pour aller vite. On sent clairement que la série abandonne un peu son réalisme pour se transformer en fresque épique et si ça donne des moments impressionnants visuellement, ça commence à perdre en crédibilité.
Saison 8 - Une fin précipitée
La dernière saison de Game of Thrones n’est pas juste décevante, elle est surtout frustrante parce qu’on voit clairement ce qu’elle aurait pu être. Le plus gros problème, c’est le rythme : tout est expédié, alors que la série avait construit pendant 7 saisons des enjeux qui demandaient du temps pour exploser correctement.
La plus grande déception reste évidemment la Longue Nuit. Toute la menace des Marcheurs Blancs, construite depuis le tout premier épisode, est réglée en une seule bataille. Le Roi de la Nuit, censé être l’incarnation de la mort, est éliminé de manière beaucoup trop simple par Arya Stark. L’idée de la surprendre peut se défendre symboliquement, mais dans l’exécution, ça casse complètement le sentiment de danger : aucune vraie stratégie, aucune explication sur ses pouvoirs, aucune conséquence durable. La plus grande menace de la série disparaît en quelques secondes.
Après il y a le cas Daenerys Targaryen. Sur le papier, sa bascule vers la folie n’est pas incohérente : elle a toujours eu cette violence en elle. Le problème, c’est que la série accélère tout. En quelques épisodes, elle passe de libératrice à destructrice totale, jusqu’à brûler Port-Réal sans réelle montée psychologique crédible. Ce qui aurait dû être une tragédie devient une décision brutale difficile à ressentir pleinement.
Et ça mène à la scène finale avec Jon Snow. L'idée est forte : tuer celle qu’il aime parce qu’elle devient une menace. Mais l’exécution manque d’impact. Tout va trop vite, les dialogues sont simplifiés, et l’émotion ne suit pas. Ce moment aurait dû être déchirant, il est juste expédié.
Malgré tout, dire que la saison est totalement nulle est exagéré. Parce que visuellement, c’est impressionnant, ça reste quand même marquant, et il y a encore des idées intéressantes. Le vrai problème, c’est le niveau d’exigence que la série avait elle-même créé. Ce n’est pas une mauvaise saison en soi, c’est une mauvaise fin pour une série qui visait l’excellence.
Ce n’est pas catastrophique dans l’absolu, mais pour Game of Thrones, c’est un énorme gâchis.