Halala, les séries Gainax. Je retrouve dans cette courte série ce que j'aime.
Bon, le rythme est très étrange, avec des personnages a priori très stéréotypés et une intrigue qui mélange Top gun et du shojo écrit par des mecs. On suit Noriko faire ses classes pour piloter un robot expérimental, seul espoir de l'humanité face à une invasion d'extraterrestres plantes qui rappellent ceux d'Albator 78 ou de Robotech.
Mais le rythme n'est pas celui d'un film de guerre, plutôt d'une série d'adolescents soumis à la pression des examens. Noriko, très instable dans ses résultats, semble une erreur de casting dans le bataillon d'élite envoyé rencontrer la flotte ennemie. Elle connaît un premier émoi, se fâche avec sa coéquipière, se fait deux rivales (une sur terre, une dans l'espace, soviétique). Il y a beaucoup de scènes de douche ou de vestiaire au cours duquel des filles peu ou pas vêtues se chamaillent - un rappel que le public visé était surtout masculin. Il y a des longueurs, comme souvent chez Gainax. Les seins de Noriko sont très bien physiqués. Les antagonistes sont une menace sans visage, on évoque régulièrement leurs effectifs (2, 10, 20 milliards...). Il manque peut-être une dimension de duel, ils sont une menace assez abstraite.
C'est un peu foutraque, et les gars placent dans le moindre décor des posters de films ou d'artistes qu'ils aimaient à l'époque. C'est maladroit, ça s'en fout, ça vient du coeur, quoi. Mon dieu, ce Japon pré-bulle, je ne peux pas m'empêcher d'en rêver (Le QG de la défense terrestre est bien sûr basé à Tokyo).Bon, c'est aussi un monde où on gifle les filles pour les faire redescendre...
Il y a pas mal de roublardise, d'images fixes placées en travelling pour dynamiser, etc... Et le fameux épisode 6 en noir et blanc, qui remplace certaines animations par une succession de crayonnés... Est-ce un effet de la crise économique de 1988 ? Vraie question que je me pose, si quelqu'un a la réponse. (J'ai cru au départ à un problème avec mon lecteur VLC).
Il y a vraiment des éléments de hard science, presque gratuits, parfois. Sur la relativité quand on voyage à la vitesse de la lumière. Il y a aussi un trou noir artificiel, un ascenseur gravitationnel. Et en même temps, ce futur fait rêver : on y trouve des vaisseaux spatiaux mais aucun téléphone portable ni réseaux sociaux. En revanche il y a encore des téléphones en bakélite à cadran.
Côté musique, on oscille entre de la citypop très années 80 et des plagiats éhontés (Mars de de Gustav Holst, le thème de Lawrence d'Arabie, le tout au synthé).
Et pourtant, il y a un charme. Je n'étais pas très emballé au départ, mais l'apparition du Gunbuster, même si elle dure une dizaine de minutes, est vraiment mémorable.
Et il y a ces épisodes finaux, ou Noriko revient sur Terre et à cause de la relativité, elle a le même âge mais retrouve des camarades qui ont vieilli de dix ans. Sa meilleure amie s'est mariée et a une petite fille de dix ans. La scène où elles se retrouvent ne dit pas beaucoup mais est très réussie.
Gunbuster, c'est des petits jeunes qui tentent des trucs sans avoir une idée précise de ce qu'ils font, mais qui au final arrivent à délivrer un animé de méca court, épique et émouvant.
Merci Gainax. Merci de ne pas faire de chef d'oeuvre mais ces animés si sympathiques.