Après trois ans, le repas se finit enfin, entre réalité et songe.
Car c'est là que tout réside. Sincérement je pense que cette série (avec bien d'autres) est une des mieux réussit. Est-ce que je suis déçut que cela est pris fin? Oui et non.
Laissez moi vous expliquer. Je pense que cette oeuvre était là pour nous montrer ce qui peut se cacher dans l'ombre de chaque homme, pour mettre la lumière sur cette animal qui gratte contre les parois de votre cerveau, pour réveiller ce qui peut hanter nos pires cauchemards. Paradoxalement, ce n'est pas la mort qui est célébré, mais la vie. Chaque épisode, même s'il amène un mélange de vide, d'angoisse, de dérangement et une certaine note d'empathie, nous en sortons quelque part transformé.
Mais bien sur, chaque chose à une fin. Depuis le début, quelque chose pousse et prend de l'ampleur. S'il y a bien une chose qui soit plus présente que le sang (et la bouffe), c'est le sexe. Petit détail amusant d'ailleurs, il n'y a pas de scène de sexe dans cette série. Ou alors sous forme de kaleidoscope. Ou de danse de drap... Enfin bref, là ou je veux en venir, c'est que la relation entre Will et Hannibal pue le sexe. Et cette dernière scène en est l'aboutissement. La profonde différence entre les deux n'a fait que les rapprocher, pour finir par l'accomplissement commun, le baptème dans le sang, ou pour être encore plus clair, la fusion dans le sang. Bryan Fuller (je t'aime) a su apporter une fin à cette bromance qui n'aurait pu aller nul par d'autres. Les amants maudits finissent toujours dans la mort, dans les bras l'un de l'autre, basculant dans le vide, l'inconnu et les ténébres.
Et pour une fois je suis bien content qu'une série finisse comme cela. Car soyons franc. Cette série n'aurait jamais pu bien se finir. Alors autant que ce soit dans le sang.
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressentit ce sentiment de frustration en finissant une série, et je commence à me dire que ce n'est peut être pas plus mal. Car là, il peut s'agir d'un nouveau début comme d'une fin. Bryan, oui je t'aime vraiment.
Alors oui, c'est un adieu que je fait à toi série. Merci pour tes ralentis, tes gros plans, tes symétries, tes références, tes plans conçut comme des tableaux, tes morts conçut comme des tableaux, et tes rebondissement à outrance. Merci pour tous ces repas, ces confessions sur canapé, ces réflexions intérieurs. Merci pour l'obscurité, les sombres pulsions et le cannibalisme.
Ayez foi, si vous ne voulez pas finir sur le menus.
PS : Il y a néanmoins une chose qui me tarabiscote un peu. C'est quoi ce dernier plan totalement dingue?? Bedelia mangeant sa propre jambe? Un hommage à Hannibal? Le fait de lui faire ses adieu? L'assouvissement d'une pulsion dévorante??? Help mes amis. Help.