La série Bosch est à comprendre comme le fameux tableau du peintre du même nom ("le jardin des délices") : c'est riche, énigmatique et, en un sens, cela forme une fable à destination des gouvernants ; fable dont la morale pourrait être celle du héros : "tout le monde compte ou personne".
Le flic en question est presque caricatural si l'on ne s'attarde guère. Il a l'air en colère perpétuelle, semble ne pas respecter l'autorité et vouloir toujours jouer en solitaire ; de plus, son histoire personnelle est franchement glauque (enfance à l'orphelinat et mère prostituée assassinée). Sauf que, sauf que...
La lecture des romans de Conelly depuis le premier Bosch ("les égouts de Los Angeles") a fait découvrir aux lecteurs dont je suis un héros plus complexe qu'il n'y parait, sorte de miroir de la ville qu'il patrouille et qu'il défend, parfois contre elle-même. Bosch est L.A et il est fait de L.A. Et s'il n'aime pas l'autorité, il la respecte, pour peu qu'elle soit incarnée selon ses valeurs qui se résument essentiellement par : la justice pour toutes les victimes, quelles qu'elles soient.
Les adaptations des romans de Connelly sur le grand écran n'ont pas toujours été une franche réussite. Clint Eastwood a honteusement changé la fin de "Créance de sang", et Matthew Mc Conaughey n'est pas franchement crédible dans le rôle de M. Haller dans "La défense Lincoln".
Dès lors, le fait que ce soit M. Connelly lui-même qui soit à l'origine de la série était plutôt rassurant. Et si le choix de Titus Welliver pour le rôle titre pouvait questionner (pas trop physique le garçon) au début, je dois avouer qu'il colle plutôt bien au personnage.
En fait, venant de visionner la saison 4, je trouve que les saisons sont de mieux en mieux. Welliver estde plus en plus Bosch et, de plus, même si les scénarios sont basés sur les bouquins, Connelly a eu la bonne idée de les revoir, de les changer subtilement, afin que tout s'adapte mieux au petit écran. Et cela fonctionne plutôt bien. Cela reste tortueux, absolument pas linéaire ; les personnages secondaires sont plutôt bien campés et les rigidités de la première saison disparaissent peu à peu.
Pour les saisons à voir, les 3 et 4 sont meilleures que les deux premières. Cependant, visionner l'ensemble vous permettra de mieux cerner en quoi, "le jardin des délices" reste une oeuvre majeure.