Heated Rivalry (ou Rivalité Passionnée dans la belle province) est l’adaptation d’une série de livres écrite par l’autrice canadienne Rachel Reid, qui met en scène des joueurs de hockey gay. Ici, on va suivre la relation du capitaine de l’équipe de Montréal, Shane Hollander, avec le capitaine russe de l’équipe de Boston, Ilya Rozanov. Décris par les médias comme étant deux ennemis jurés sur la glace, ils sont en réalité amoureux, ou du moins dans une *situationship* sur les 8 années que traverse la série.
Honnêtement, avec les deux premiers épisodes, je n'étais pas vraiment convaincu. Alors oui, il y a des scènes très explicites entre les deux personnages principaux, mais je pensais vraiment que l’intérêt pour la série s’arrêtait là. L’histoire en elle-même est assez simple : chaque fois que les deux capitaines se retrouvent à jouer ou à être dans la même ville, pour un quelconque événement lié au calendrier sportif, les deux en profitent pour faire des parties de jambes en l’air une fois la nuit tombée. Et ça bouge assez rapidement dans le temps avec des sauts à plusieurs reprises par épisode (il peut presque se passer 3 ans entre le début et la fin de celui-ci). Malgré cette simplicité de surface, très vite, on se prend d’intérêt pour cette relation toxique/à distance/impossible/passionné entre Shane et Ilya.
Car toute la force de la série repose sur cette romance. Après tout, c’est une romance sportive, où le hockey est le thème secondaire de la série, mais celui-ci lie tous les personnages et les relations d’amour ensemble.
On va donc suivre les rendez-vous secrets de nos deux capitaines, au fils des ans, où ils devront faire face à l’acceptation de leur sexualité, dans un environnement qui est hostile à toutes relations homosexuelles. D’un côté la ligue pro de hockey et de l’autre la Russie pas ouverte aux personnes LGBT. Pour contexte, la NHL n’a aucun joueur de “ligue 1” ouvertement gay en activité, en comparaison aux autres ligues sportives d’Amérique du Nord. D’autant plus que c’est une fédération considérée comme étant la plus conservatrice comparé aux autres. Cette constante tension est palpable durant toute la série et parfaitement joué par Hudson Williams et Connor Storrie. Leur alchimie déborde de l’écran tellement elle est intense. C’est pour ça que tellement de personnes (y compris moi) sont devenues accros, alors que la saison 1 n’a même pas encore diffusé son 6e et derniers épisodes au moment de l’écriture de ces lignes.
L’interprétation de Connor est juste bluffante, on aurait presque du mal à croire qu’il n’est pas Russe, mais est originaire du Texas. Son accent russe quand il parle anglais, quand il parle juste en russe, même ses expressions faciales donne vie au personnage d’Ilya à la perfection
qu’on lui donne toutes les récompenses pour sa performance de l’épisode 5! Son monologue entièrement en russe est poignant!
Pour Hudson, j’ai eu un peu de mal au début, d’autant plus face à son co-équipier. Sa performance est plus dans la retenue, plus intériorisée (?).
L'écrivaine à confirmé que Shane est sur le spectre de l’autisme et que l’acteur, c’était grandement inspiré de son père, lui-même sur le spectre, pour jouer le capitaine de l’équipe de Montréal.
C’est vraiment en re-regardant les 5 épisodes dispo, que j’ai changé d’avis sur son jeu et qu’en effet, il fait plus que le taf. C’est surtout grâce à son interprétation durant
la discussion de coming-out au restaurant avec Rose dans l’épisode 5
que j’ai compris son approche et arrêté de me plaindre sur son jeu. Le reste du casting est solide. Mention spéciale pour tous les personnages féminins, proches des différents personnages masculins, qui sont les vrais piliers de la série. Sans elles, les différentes relations n’aboutiraient juste pas. N’ayant pas lu les livres, j’espère que dans la saison 2 (déjà annoncé) on aura droit à un développement plus profond avec Yuna, la mère de Shane. Et en apprendre plus sur la mère d’Ilya.
Un autre point à saluer, est le travail apporté aux détails par Jacob Tierney, réalisateur et scénariste de la série! On sent que chaque couleur, chaque plan a été réfléchis pour apporter de la profondeur à l’histoire. Deux éléments de l’épisode 4 par exemple me viennent en tête:
Le seul endroit durant cet épisode où Shane a bu du Ginger Ale (Canada Dry) c’est chez Ilya. À ce stade de leur relation, il a dû comprendre que c’était la boisson de choix de Shane et sans lui demander ce qu’il voulait, il lui donne (montrant déjà que pour Ilya, c’était déjà plus que du cul). Alors que dans tout le reste de l’épisode, on va soit dire à Shane qu’ils n’en servent pas, soit le serveur va se moquer de lui. Petite façon de nous dire, qu'Ilya est sa safe place. L’autre point est par rapport aux escaliers. Quand Shane arrive chez Rose, le plan montre des escaliers longs, tortueux et sombres. Alors que dans l’épisode 2, quand Shane reçoit Ilya chez lui, les escaliers sont éclairés et en ligne droite. C’est simple et efficace.
Il y a tellement d’autres petits éléments par épisodes que ça serai trop long à tous les citer.
Puis c’est rafraîchissant de voir une histoire d’amour entre deux hommes, destiné pour un public adulte, sans avoir à passer par la case orgie et coup d’un soir à gogo, que les séries d’Hollywood tombent pratiquement à chaque fois. La série semble montrer que les seules relations homosexuelles que Shane et Ilya ont, est avec l’un et l’autre. Brock McGillis, un ancien joueur pro de hockey (ayant fait son coming-out une fois qu’il a pris sa retraite), à partager récemment qu’il se reconnaissait dans la relation de Shane et Ilya, car il a lui même était en relation secrete avec un homme pendant 3ans quand il était encore joueur pro. Montrant à quel point la peur constante de Shane, et même Scott, de se faire voir en public en compagnie d’un autre homme est malheureusement une réalité pour tous ces joueurs encore dans le placard. Au travers de la série, on comprend bien que s’ils se vont prendre ça va leur coûter leur carrière.
Tous ces éléments réunis, font de cette saison 1 une surprise et une réussite. Alors que le dernier épisode n’est pas encore sorti! Chaque nouvel épisode, fait monter le niveau de la série vers un nouveau sommet. Je n’aurai jamais cru qu’une romance canadienne gay sur fond de hockey allait me faire passer par autant d’émotions. J’ai jamais autant pleuré sur une série que sur les épisodes 3 à 5. J’ai déjà re-regarder la série deux fois, revu certain passage d’épisode des dizaines de fois, tellement l’émotion dégagée par les acteurs, l’histoire et la mise en scène sont puissantes. Je suis complément accro. Ça ne m’était pas arrivé depuis 2019… Et le succès que la série est en train de rencontré me fait me demander si Jacob Tierney sera en mesure de conserver ce niveau de qualité pour la saison 2. En-tout-cas, l’impact de cette saison 1 est déjà bien là : son épisode 5 est classé numéro 2 du classement IMDb, quelques jours seulement après sa sortie. Le temps nous dira, si Heated Rivalry restera dans les annales, ou pas.
(Update du 27 dec 2025 - Après visionnage du 6e épisode):
Alors que la série avait déjà atteint des sommets, ce dernier épisode conclut de la meilleure des façons cette saison 1. C’est touchant, émouvant, sensuel et drôle. Tout est extrêmement juste. Tellement de boucles bouclés, avec les différents parallèles fait en référence aux précédents épisodes. Montrant l’avancement des personnages dans leurs sexualités et l’acceptation des sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. C’est un pur bonheur de voir cette relation éclore et se transformer.
Moi qui avais mentionné les mères des deux personnages plus haut, j’ai été servi dans cet épisode!
L’attente jusqu’en 2027 va être longue… Reste plus qu’à lire les livres. See you next season Hollanov!~