Ça se regarde, on finit même par passer un moment pas vraiment désagréable.
Pour ça il faudra cependant traverser toutes les tares de cette série..
Des clichés en veux-tu ? En voilà..
À commencer par les deux personnages principaux: l'un est Russe, donc renfermé, ténébreu, bi, peine à parler de ses émotions, dans une relation de domination, limite connard. Et giver, bien sûr.
Le second Asiatique donc devinez quoi ? Plus timide, gentil, attentif, émotif, plus dépendant dans la relation. Et taker, bien sûr...
On remerciera nos sponsors youp** et Grindr.
Mais on ne s'arrête pas là ! En plat de résistance nous sont proposées leurs familles:
Le père Russe est évidemment officier et évidemment un connard vieux-jeux sauce clichés soviétiques et le frère ne vaut guère mieux. Jamais il n'acceptera son fils alors attendons sa mort.
La famille canadienne bourgeoise elle, sera un mariage mixte, et malgré un faible climax lors de l'outing de leur fils, sera bien vite pleine d'acceptation et d'ouverture. Back to business pour la mère: une icône sportive gay intéressera sûrement les marques (surtout en juin sans doute).
On continu avec les poncifs de ces séries puisque même un étudiant en art qui travaille dans un bar à smoothie (sic) pour payer ses études a le temps d'aller à la salle 5j/s. C'est pas merveilleux ?
Toi aussi tu veux un appart comme le mien ? Achète ma méthode.
On passe le reste du film dans des décors et des bagnoles de luxes sauce influenceurs. Le seul personnage vaguement prolo vit chez son père qui ne voit pas que son fils n'a plus 15 ans, et je vais pas reparler des métiers des familles...
Ok, ils sont sportifs de haut niveau, il y a sans doute du fric, mais trop de glam pour moi je crois.
M'enfin...
...tout n'est pas à jeter. La tension présente dans les deux premiers épisodes est palpable, l'idée des rencontres rares calées sur des matchs irréguliers n'est pas inintéressante, et si vous aimez l'accent russe et les paires de fesses, mesdames comme messieurs, vous n'aurez pas envie de zapper.
En fin de compte, cette série la plus vue sur Crave (Empathie, entre autres) jouit d'une réception que je peine à comprendre, si ce n'est que le publique visé est sans doute plus féminin-hétéro qu'on peut l'imaginer par le sujet.
Vous passerez sans doute un bon moment devant, et il n'y a aucun mal à ça.
Mais je pense aux LGBT qui voient ce qu'on leur sert dans les séries grand public pour se représenter, et je trouve ça souvent catastrophique.