L'idée de base est originale et peut séduire : Un virus fait que les gens contaminés se mettent à raconter n'importe quoi (*). Il en découle de gros soucis de communication ce qui évidemment, ne facilite pas les rapports humains et tout ce qui s'en suit, comme le maintient d'un certain niveau de vie, par exemple.
Au moment où on prend la série, le virus est apparu depuis 8 ans. On constate alors que la civilisation telle qu'on la connait en occident a pris un sacré coup d'arrêt et qu'un pouvoir militaro-totalitaire a pris la direction des opérations. Il n'y a, apparemment, aucun remède.
A la lecture de ces quelques lignes, vous avez compris que l'idée de base originale entrevue plus haut à s'estompe déjà pour laisser place à quelque chose de plus classique, voire convenu.
Entrons dans le vif du sujet, nous voilà projeté à la suite du personnage principal dans un environnement crasseux tendance soviétoïde... Ou turc.
J'ouvre là une parenthèse car ne connaissant pas la Turquie, pays qui revendique la paternité de la série, il est possible que l'environnement crasseux dont je parle soit courant en Turquie et n'ait donc rien de soviétoïde. Mais bon, dans l'inconscient collectif, quand c'est soviétique c'est gris, crasseux et totalitaire, alors je profite de ce mot qui résume parfaitement les trois caractéristiques de notre époque contaminée.
Oui trois ! car en plus d'être crasseux et totalitaire, tout est gris. Le soleil anatolien s'est fait la malle. Ce sont les dépliants touristiques d'Antalya ou de Bodrum qui doivent faire la gueule, parce que ça donne pas envie de visiter.
Le pire étant qu'il n'y a aucune raison d'avoir une photo dégueulasse. On peut très bien crever d'une épidémie d'ébola sous un soleil radieux.
M'enfin ça doit être une sorte de règle tacite, alors les producteurs l'appliquent sans faire preuve de jugeote. Donc on avait une originalité, on la recouvre d'une tonne de convenance. Le spectateur que je suis tente une sortie, se raccroche à l'idée de départ et paf... ça colle pas.
D'après l'histoire, ce virus se transmet par les oreilles. C'est pas bien clair mais dans l'idée, Une personne contaminée te parle et voilà que d'un coup, tu déclames les oeuvres complètes de Raffarin (**) reliées pleine peau.
Pour se prémunir, les humains portent des casques de protection auditive.
Hélas, quiconque a déjà utilisé ce type de casque sait que le son est atténué, mais en rien "coupé". Donc, une personne proche de vous parle, vous l'entendrez. Mal, mais vous l'entendrez.
Pire, les modèles utilisés sont de faibles atténuateurs voire carrément des amplificateurs ! Les casques utilisés par la milice sont des casques à atténuation électronique qui nivelle tout aux alentours de 85 dB. Bref, le remède est donc pire que le mal car si une personne chuchote, vous l'entendrez même mieux que sans casque.
Donc je ne comprends plus le mécanisme de contamination car même casqué, on entendra.
A partir de là, si vous n'adhérez plus au postulat de base et que l'enrobage n'est ni audacieux, ni révolutionnaire, l'intérêt s'étiole. C'est frustrant.
J'en suis à l'épisode 3. Je vais continuer un peu histoire d'affiner la critique si un élément explicatif venait à infirmer mon jugement.
M'enfin pour l'instant, à part le fait que ça cause turc dans le poste (vu en VO, évidemment, et c'est pas une langue facile à entendre...), cette épidémie n'arrive pas à la cheville de notre remarquable psyop Covid-19 que tous les gens qui peuvent lire cette critique ont vécu sans intermédiaire scénaristique.
A suivre...
(*) attention, ne pas confondre un infecté avec l'homo politicus. Si lui aussi raconte n'importe quoi, il ne finit pas en quarantaine mais à la tête d'un pays. De là à dire que les fous ont les clés de l'asile...
(**) Je sais, s'attaquer aux morts est facile. Mettez qui vous voulez, je ne suis pas sectaire.