C'est le lien supposé avec l'affaire du Dahlia noir, et le décor de la cité des anges corrompue des années 50/60, qui m'ont attiré vers cette mini-série américaine produite par la chaîne TNT, et uniquement visible en France sur 13ème RUE.
Au final, je ressors du visionnage plutôt déçu, tant "I Am the Night" peine à captiver malgré des qualités réelles, notamment sur le plan esthétique.
La showrunneuse Patty Jenkins s'est basée sur le livre autobiographique de son amie Fauna Hodel, fille du médecin George Hodel, qui fut sérieusement soupçonné d'être le meurtrier d'Elizabeth Short, alias le Dahlia noir.
Le lien avec la fameuse affaire reste hélas assez mince, on suit surtout le parcours initiatique de Fauna, jeune demoiselle en quête de ses origines : élevée par une mère adoptive noire dans l'Amérique profonde raciste des années 60, persuadée à tort d'être métisse, et finalement sans doute le fruit d'un rapport incestueux...
A cette "histoire vraie" vient se greffer un récit fictif autour d'un journaliste revenu traumatisé de la guerre de Corée, ayant lui-même enquêté quelques années auparavant sur George Hodel - finalement acquitté à la suite d'un long procès.
Même si ce procès a effectivement eu lieu, et si ce personnage de Jay Singletary synthétise plusieurs véritables journalistes s'étant intéressés de façon obsessionnelle à l'affaire du Dahlia noir, la série perd à mes yeux son principal atout, celui de l'authenticité relative aux "faits réels".
Par ailleurs, sans être véritablement ennuyeuse, "I Am the Night" manque de punch pour accrocher son audience, souffrant d'un rythme incertain et d'un scénario moyennement haletant, peinant à remplir intensément les 6 épisodes que compte cette mini-série.
De même, l'interprétation ne m'aura pas transcendé, mais il faut dire que je n'apprécie pas du tout Chris Pine : pourtant, le comédien fait preuve d'efforts méritoires (certains seront probablement conquis par sa prestation), mais je ne peux pas m'empêcher de le trouver cabotin, notamment lors de ses numéros de duettistes avec Leland Orser.
Quant à sa partenaire India Eisley, la jeune comédienne est bien mignonne, mais manque d'épaisseur pour exprimer les nuances de ce rôle complexe.
En revanche, le point fort de la série réside dans sa direction artistique, avec une mise en scène inspirée, des éclairages soignés et une atmosphère inquiétante, soulignés par une reconstitution élégante du LA des sixties.
En conclusion, "I Am the Night" peine a se positionner entre true crime et pure fiction, entre série adulte et show grand public, d'où une certaine difficulté à convaincre quand l'ambiance devient très sombre et les dialogues désenchantés.
Un mini-série correcte mais peu marquante, trop moyenne pour être recommandée.