Le contrat Coben - Netflix (adaptation de 14 romans) commence ici avec l’adaptation du roman Intimidation, sorti en 2016.
Premier constat : Netflix ne s’est pas simplifié la vie en commençant par cette œuvre, intéressante certes mais manquant cruellement de substance. La question d’un rendu de 8 épisodes d’environ 40 minutes se pose d’emblée pour les connaisseurs de l’œuvre originale. Et le visionnage de l’ensemble de la série a confirmé ma crainte, celle de rajouts superflus qui ne font nullement avancer la trame principale mais lui permettent de tenir 8 épisodes, quand 6 auraient sans doute suffi.
Au-delà de ce premier constat, la série a tout de même su donner davantage de volume et d’intensité au scénario, en reliant les différentes intrigues et protagonistes de l’histoire. Là où le roman donnait le sentiment de rester sur plusieurs sous-intrigues, la série apporte l’image d’une seule et même intrigue, malgré les ajouts inutiles.
Ici vous pouvez spoiler !
Le personnage de la maître-chanteuse est ici impliqué personnellement dans la trame principale, ce qui la rend intéressante et attachante au fil des épisodes et des révélations sur sa propre histoire. A l’inverse, le maître chanteur du roman, bien que mystérieux, n’a pas de lien direct avec l’histoire des personnages principaux et n’apporte au final pas grand chose, hormis le fait de faire chanter des personnes et de lâcher des « bombes » si la personne ne paie pas son silence.
Le personnage de Katz est, malgré sa folie croissante, touchant dans sa relation avec sa fille Olivia. Aborder le syndrome de Munchhausen (ici par procuration), déclencheur des actes de Katz, est un élément d’intrigue particulièrement intéressant qui apporte une vraie richesse à la psychologie du personnage.
Outre ce point concernant Olivia, l’intrigue adolescente n’apporte rien à la trame principale tout en prenant un temps considérable.
L’histoire du couple Adam-Corine et ce qui s’y relie au fil de la série est fidèle au roman en ajoutant de l’intensité à certaines scènes, comme en témoigne la course effrénée après le signal GPS du portable de Corine.
L’enquête policière patauge un bon moment, en se focalisant sur Dante Gunarson, avant enfin de se diriger sur la bonne piste.
Ici vous pouvez spoiler !
En résumé, cette série apporte de la richesse à un roman sans plus, ce qui la rend agréable à visionner. Sa qualité demeure toutefois largement inférieure à celle de Safe et The Five, les deux séries TV inédites créées par Harlan Coben en personne...
Comme quoi, la création est peut-être parfois plus aisée que l’adaptation...