Cette série de 4 saisons et 32 épisodes nous fait suivre les aventures de Eve Polastri (Sandra Oh) agent du MI5, chargée par sa patronne Carolyn, de retrouver une tueuse à gages sans pitié dénommée Villanelle (Jodie Comer), travaillant pour un groupe criminel international, les Douze. Ses ordres lui sont fournis par son mentor russe, Konstantin. Sauf que, ce qui n’était pas du tout prévu au programme, Eve et Villanelle sont fascinées l’une par l’autre jusqu’à tomber amoureuses. Une histoire d’amour improbable entre répulsion et attirance irrésistible dans une sorte de thriller romantico-burlesque. L’exercice était gonflé puisqu’on passe de scènes franchement drôles à des moments extrêmement violents. Les meurtres sont très brutaux, parfois à la limite du grand-guignol : avez-vous déjà vu un assassinat à la roulette à pizza ?! Je vous laisse regarder le dernier épisode. Tout n’est pas réussi ; d’une saison à l’autre il y a des pertes de rythme, des rebondissements invraisemblables et des incohérences. On sent bien qu’à la fin, l’ensemble commençait à tourner en rond. La capacité des personnages à passer d’un endroit à l’autre, de Cuba à Londres, de Berlin à Paris en passant par Barcelone, en un clignement d’yeux, amène à se demander s’ils ne sont pas capables de se téléporter façon Star Trek !!! Voilà ce qui m’a fait pencher pour un 7 au lieu de 8, après avoir hésité.
Mais peu importe, le réalisme n’a rien à voir là-dedans, on a ici sans doute le plus étrange portrait de tueuse qui ait jamais été créée : Villanelle se révèle sans scrupule, sans morale, immature mais obsédée par Eve, elle ne veut plus obéir et a des désirs de liberté. Au début de la dernière saison, elle veut même tellement prouver à Eve qu’elle est capable de changer qu’elle décide de…se faire baptiser ! Sa conversion, on le devine, va virer au carnage. Car à ce jeu du chat et de la souris, la chasseuse et sa proie évoluent et ne sont plus forcément les mêmes, comme par un jeu de vases communicants. Le titre de la série reflète d'ailleurs cette ambiguïté. Eve de très maladroite, voire ridicule au début de la série, s’endurcit et n’hésite plus à tuer à la fin…La dernière saison, après une 3e en demi-teinte, amenait une vraie dose d’absurde bienvenue. Mais la fin se traîne un peu et le dernier épisode m’a déçu. Il nous reste des interprètes impeccables, une Jodie Comer assez hallucinante, dans un personnage parfois proche de la folie, que je découvrais et que j’ai vraiment envie de voir dans d’autres rôles. Et aussi, à ne pas oublier, dans les rôles secondaires mais essentiels à l’intrigue, Fiona Shaw dans celui de Carolyn, patronne très ambiguë et cynique, et Kim Bodnia, fantastique en Konstantin (quel rire tonitruant !). Camille Cottin apparaît à partir de la saison 3. Une série où ce sont clairement les femmes qui mènent la danse.