La nouvelle série du DCU, Lanterns, s'impose comme une proposition franchement sympa avec une très bonne écriture.
Le point fort du show repose incontestablement sur son duo d'inspecteurs de l'espace. La dynamique entre Hal Jordan, le vétéran désillusionné du corps de police galactique, et John Stewart, la nouvelle recrue prometteuse, fonctionne à merveille. Les deux personnages sont superbement bien écrits, profonds, et s'imbriquent avec une fluidité remarquable dans les bases de ce nouveau DCU. L'intrigue principale, construite comme une vraie enquête policière terre-à-terre, s'avère captivante de bout en bout, rythmée par des fins d'épisodes maîtrisées qui distribuent de très bons cliffhangers au fil de la série.
Cependant, Lanterns souffre de limites très franches qui risquent de freiner les amateurs de SF pure. Pour une œuvre centrée sur le Green Lantern Corps, l'ensemble manque cruellement d'éclat. La « magie cosmique » reste constamment en retrait, traduite par des constructions trop sobres qui se résument le plus souvent à de simples champs de force ou à de vagues flashs lumineux. Il faut attendre deux ou trois rares fulgurances sur toute la saison pour enfin apercevoir des créations plus tangibles et imaginatives, comme un bouclier, un oiseau ou une foreuse.
Ce manque de générosité visuelle se ressent également dans le worldbuilding. Le show ne nous fait jamais réellement voyager : on ne côtoie quasiment pas d'aliens et les autres planètes ne sont aperçues qu'en coup de vent. Plus frustrant encore, tous les extraterrestres croisés au cours de l'intrigue s'avèrent, comme par hasard, polymorphes… Un subterfuge narratif un peu trop voyant pour économiser sur les costumes et les effets spéciaux.
Lanterns vaut le détour pour la qualité de son récit, son rythme et la tension de son enquête, mais peine à assumer son statut de fresque spatiale. Une réussite sur le fond, mais un rendez-vous manqué sur la forme et le spectacle cosmique.