Votre drama vous est présenté par Kopiko et Samsung. Blague à part, le plus affligeant, c'est que Prime ose proposer une VF aussi indigne: c'est vraiment un camouflet fait au métier d'acteur de doublage. On se fout vraiment de notre gueule. Même dans un film pour adultes, le rendu est meilleur. Alors, à titre personnel, je regarde rarement en VF, mais là je pense aux autres qui préfèrent. C'est une horreur qui dénature totalement le drama. Concernant la sirène et son mythe, cette créature mythologique est censée évoquer le désir immédiat et irréversible chez les hommes. Alors avec Jun Ji-hyun dans Legend of the Blue Sea, ok ça le fait, mais ici avec la rachitique et reine de la chirurgie plastique Park Min-young, vous êtes vraiment sérieux ? Heureusement que le scénario a plus d'épaisseur que ce titre galvaudé et qui fait référence à plusieurs choses dans le drama, et pas seulement à une femme.
Han Seol-ah(Park Min-young) est commissaire-priseur dans la prestigieuse maison de ventes d'art, Royal Auction. Mais des suspicions de meurtre sont rattachées à elle depuis des années, car ses trois derniers fiancés sont tous décédés alors qu'ils avaient souscrit des polices d'assurance dont elle était bénéficiaire. La mort suspecte d'une de ses collègues, qui se serait suicidée, va relancer la polémique et les soupçons sur elle. Cha Woo-seok(Wi Ha-jun) est un ancien flic de la criminelle qui a démissionné suite au quasi-acquittement du meurtrier de sa sœur. Désormais devenu l'un des meilleurs enquêteurs d'assurances du pays, il traque tous les décès liés à des fraudes qui impliquent de fortes sommes d'argent. Il va être amené à investiguer sur Seol-ah, qui semble impliquée dans la mort de sa collègue Kim Yun-ji (Lee Elijah). D'abord méfiant à son sujet, prêt à la démasquer, il va être intrigué par cette femme mystérieuse avant de tomber sous son charme, quitte à se mettre en danger.
Première chose à retenir, je ne suis pas venu ici principalement pour les acteurs, mais pour le scénario. Même si le fait d'avoir l'excellent Wi Ha-jun au casting va s'avérer être un plus incontestable. On est dans un thriller romantico -policier avec une atmosphère particulière, où l'esthétisme a son importance. Et situer l'action dans le milieu de l'art n'est pas anodin, bien au contraire. Car qui dit art, et notamment tableaux, dit faux-semblants, simulacre, faussaires, combines et usurpations en tout genre. Dans Le baiser de la sirène, nous sommes en présence de l'enquête de police qui fait face à la contre-enquête menée par Woo-seok. Celui-ci va devoir se forger son opinion sur le personnage de Seol-ah afin de déterminer son implication dans l'affaire. Pour appuyer le propos, on n'a pas fait appel à l'abruti du coin, mais à un boss de la réalisation, Kim Cheol-kyu, qui s'appuie sur le scénario original japonais, The Inanimate Word. Je vous le dis tout de go, si ce type n'est pas là, le drama perd en intérêt. La mise en scène, la façon de filmer, le rythme et la narration, c'est du lourd. Ça démarre d'ailleurs très fort, on a pas le temps de s'endormir.
La force de Siren's Kiss est son intrigue, du moins dans les deux premiers tiers du récit. Même moi qui suis un habitué des thrillers, j'ai (un peu) douté jusqu'au 8e épisode. Mais on ne va pas se mentir, à moins d'être complètement idiot, dès le 4e épisode on peut déjà mettre une pièce sur l'instigateur de tous ces meurtres, vu qu'on nous le livre sur un plateau, malgré le fait de nous envoyer vers de fausses pistes par la suite. Il y a vraiment du suspense, et les rebondissements relancent sans cesse la machine. Seol-ah est-elle une manipulatrice, une victime ou les deux ? On aura toujours un doute. On se demande parfois si on n'est pas dans un jeu de dupes dans lequel le cocu de service serait le pauvre Woo-seok, dont les sentiments grandissants envers Seol-ah pourraient l'induire en erreur dans sa quête de vérité. Les sous-intrigues apportent le plus qui nous permet de mieux comprendre la psychologie et le background de certains personnages, même si c'est inégal. En effet, le personnage central reste Seol-ah, dont l'histoire est logiquement développée. On va dire que le duo est parfois sur courant alternatif.
Si l'histoire et ses mystères sont bien racontés et nous tiennent en haleine, il faut se mettre en tête que seuls deux acteurs sont au centre des débats. Pour les fans de Kim Jung-hyun, il ne tient pas un grand rôle et pour Lee Elijah, ce n'est qu'un cameo. C'est un peu dommage. Je n'ai pas trouvé une grande alchimie entre Park Min-young et Wi Ha-jun. Si l'acteur est vraiment convaincant dans son rôle tout en empathie, je reste encore dubitatif sur la performance de Park, souvent à côté de la plaque. L'abus de chirurgie esthétique la limite à deux expressions faciales et son état rachitique ne fait pas d'elle une sirène, au contraire. Si Cha Woo-seok se laisse prendre à son jeu et à sa "beauté", j'ai vraiment du mal à l'accepter. Les acteurs secondaires sont inégaux dans leur performance, et ils sont surtout trop nombreux pour être pleinement exploités. Hormis les trois acteurs principaux, ça manque de prestance. Heureusement que l'atmosphère parvient à gommer un peu tout ça. Bref, si vous aimez le thriller cérébral, vous êtes au bon endroit. Il y a aussi le cliché habituel de l'accident "à la coréenne" et les placements de produits (surtout au début).
Sur l'ensemble, l'immersion dans le milieu de l'art pour les riches est sommaire, mais le scénario tient bien la route, sauf vers la conclusion, un peu poussive et convenue. J'aurais bien aimé un twist final inattendu, mais non. Le suspense est néanmoins maintenu, et on instille un effet romantique plus ou moins réussi. C'est assez plaisant à suivre grâce à une mise en scène et une photographie de qualité. Et il n'y a pas d'incohérences notables, c'est déjà ça. Cependant, il apparaît surtout que cette "sirène" n'a rien d'envoûtante ni de dangereuse. Elle est plus lasse que lascive; il aurait fallu plutôt une femme fatale. À la base, cette créature mythologique utilisait ses charmes et son intelligence pour faire tomber les hommes dans ses filets et leur faire perdre tout discernement. Le postulat du mythe de la sirène,"l’aimer c’est mourir" tombe un peu à l'eau. Park Min-young la rend totalement apathique, il y a eu une erreur de casting à mon avis. Elle manque d'influence dans le récit, on la croirait en dilettante. Enfin, l'antagoniste principal est assez sommaire au final, manquant d'envergure et d'impact significatif. J'avais prévu de mettre 6 à cause de la présence de Park Min-young, mais je vais faire abstraction et noter large.
Main Theme: Sondia - Fear Inside
Additionnel OST: MINNIE - Hello