Seol-ha a perdu ses parents dans un incendie quand elle était adolescente. Ses trois derniers compagnons sont morts par suicide ou accident, tous avaient souscrit puis annulé une assurance décès à son profit. Elle semble « survivre » à ses malheurs grâce à son métier en tant que commissaire priseur reconnue, dans une grande maison de ventes aux enchères.
Un soir à l'issue d'une réception pour attirer les clients fortunés, son adjointe Yun-ji est découverte morte, elle se serait jetée depuis le toit de l'immeuble.
Woo-seok est un ancien policier démissionnaire suite au décès de sa sœur, « réglé » par une enquête bâclée, conduisant à une faible condamnation du meurtrier. Il est devenu inspecteur en assurance et avait rendez vous avec Yun-ji au moment de sa mort ; elle l'avait contacté pour lui signaler une fraude à l'assurance.
Woo-seok en vient alors à creuser le décès de Yun-ji, son entourage, et à découvrir les liens de Seol-ha avec toutes les personnes décédées, ce qui l'amène à suspecter cette dernière d'être impliquée dans les différentes affaires.
La police de son coté se pose des questions similaires et envisage de intéresser d'un peu plus prêt à Seol-ha.
Dans ce drama, on est souvent menés en bateau par un scénario qui fait en sorte qu'il nous est impossible d'avoir des certitudes quant à la personnalité de Seol-ha. Elle affiche une carapace, mais est ce pour se protéger de son environnement et pour surmonter son vécu, ou bien parce qu'elle est dénuée d'émotion et clairement impliquée dans les morts accompagnant son parcours ?
Elle paraît forte, mais se montre aussi ponctuellement fragile, lors de périodes ou elle craque et ne se maîtrise plus...comment interpréter ces moments ? Est ce qu'elle subit les événements ou bien les pilote t'elle ? Est elle victime ou manipulatrice ?
Pendant au moins les trois quart du drama, on restera dans l'incertitude.
On navigue ainsi dans un thriller très bien mené, au travers d'une intrigue fluide avec des rebondissements bien distillés...même si, avec un peu d'attention, on peut accrocher quelques indices pour nous orienter au sujet d'un ou deux personnages.
De surcroît, plusieurs affaires s'imbriquent les unes aux autres pour nous ouvrir des pistes différentes, nous tenir en haleine et nous empêcher d'accéder rapidement à la solution.
Mais au final, l'ensemble est tout à fait cohérent.
Wi Ha-jun (Woo-seok), sans être au niveau de sa prestation très haut de gamme dans « Aux cotés du mal », est vraiment bon en tant qu'enquêteur coriace et initialement sur de lui, évoluant au gré de ses investigations, jusqu'à douter de son intuition initiale et commencer à porter de l'intérêt à Seol-ha pour tenter de faire sauter ses barrières...mais aussi s'en rapprocher.
Autant Park Min-young (Seol-ha) m'avait plus qu'irrité dans la Reine de l'Arnaque, autant là, je l'ai trouvée très crédible et efficace dans son rôle complexe de femme fatale (la fameuse sirène qui attire les hommes par son charme, mais dont aucun ne survit), mystérieuse, renfermée sur elle même, à la fois forte et fragile. Ici, elle ne minaude pas et joue juste ; ses expressions traduisent bien les états d'âme du personnage. Avec elle c'est souvent tout au rien, et là, j'ai retrouvé la Park Min-young que j'avais appréciée dans Healer et Mary my husband.
Kim Jung-hyun (Jun-beom, le PDG de la star up) interprète parfaitement un personnage plein d’ambiguïté, dont on s'interroge jusqu'au bout sur le pourquoi de ses actions et dont on se demande quels sont ses objectifs au final (au delà d'avoir flashé sur Seol-ha). Tantôt sur de lui, tantôt influençable, voire machiavélique ? L'ultime rebondissement le concernant est une véritable surprise, à contre courant de tout ce sur quoi on semblait s'orienter quelques minutes plus tôt.
Les décors sont soignés (on n'est pas dans les bas fonds de Séoul, mais dans le monde de l'art) et j'ai trouvé la bande son sympa ; j'ai aussi beaucoup aimé le générique.
Un drama de qualité, sans beaucoup d'action, mais avec pas mal de réflexion, et une tension présente pendant presque toute la série ; seul le dernier épisode traîne en longueur et n'apporte pas grand chose à l'intrigue, déjà bouclée. Mais j'ai finalement bien accroché au Baiser de la Sirène avec son suspense et son rythme soutenu ; je mets un bon 7 (8 sans le dernier épisode qui m'a apporté un peu d'ennui, au contraire des 11 précédents).