Le Domaine
6.2
Le Domaine

Série RTP1 (2020)

-

L’avis (presque) sans spoil : Je ne recommande pas ce film (hors intérêt particulier que vous pourriez avoir (époque, sujet, culture cinématographique, casting, langue…)). Ou bien ne voir que la première partie située dans les années 70. JE en suis pas certain que ça soit mieux en version série.

-


Je m’attendais à une forte redite de « 1900 », « L’arbre aux sabots » et autres fresques du genre mais le film a su me surprendre au début (on est à la rigueur dans le « Manon des sources » des années 90). Entrée en matière très moyenne malgré un début qui choque (mais s’évapore immédiatement) situé dans les années 40. Générique d’entrée et l’on saute directement dans la période des années 70.


Le film sort peu à peu de sa médiocrité pour installer un climat plus tendu en rapport à la dictature et aux combats politiques. Le personnage du patron sous des dehors rudes est ambigu, le contexte des relations entre les personnages se révélant progressivement.


C’est une partie vraiment regardable, bien jouée avec quelques personnages sans finesse mais qui servent parfaitement bien leur fonction. Les cancrelats de l’administration fasciste portant leur insidiosité habituelle.


J’ai vu un clin d’œil à « Cri et chuchotements » de Bergman lors de la scène des contractions mais assez subtil pour garder sa propre identité. Le film ne regorge pas de références dans l’ensemble. C’est d’habitude une qualité mais j’en suis moins certain dans ce cas.


Puis la partie des années 90 arrive… Et là, je ne sais pas si c’est moi qui avait décroché, si le film s’est affaiblit ou si c’était objectivement mauvais, mais j’ai subit un ennui abyssal. Je n’aime pas descendre un film, c’est un art incroyablement difficile et mystérieux qui demande la coordination de tellement de chose qu’il parait insensé qu’un seul film ait pu fonctionner. Surtout dans les films subtils, de petits riens comme je les appelle, ou les films chiants-devant-lesquels-on-ne-se-fait-pas-chier. Aucune de ces deux qualité ici.


Pas de petite magie, juste un film chiant-chiant. La direction d‘acteur s’épuise, tout le monde devient mauvais, Antonio à part d’avoir la carrure physique pour le rôle n’a aucune dimension, dès sa première apparition à cheval et jusqu’à son départ. Tout traîne pour des enjeux dont on est au courant et dont la révélation pour les personnages n’apporte rien.


Le film s’évapore devant le talent des Viconti crépusculaires même les plus longs et parfois pénibles (Les Damnés) sans non plus donner dans le « Festen » pour la scène du repas. Comparaisons parmi d’autres qui viennent à l’esprit comme une preuve d’un rendez-vous manqué.


Et là, là sortie en mini-série ne surprend plus (en général c’est le chemin inverse).


La première partie est un film, la deuxième une insulte au plus mauvais des soap-operas qui ont tout de même quelques codes pour captiver le public.


À part éventuellement l’arc du personnage principal, tous les arcs des autres personnages – même quand ils sont graves (exil, séparation, renoncement, suicide) – sont sans force, comme de simples péripéties. Pour le patron, on peut imaginer une sorte de cruelle injustice avec une vie qu’il a embrassé de force, sans l’avoir jamais voulue – lui qui n’était que le deuxième fils - et dont les aléas de l’Histoire ont fini par la lui reprendre. Une conclusion intéressante avec un geste avorté et un retour à l’île comme pour enfin faire un geste qui vienne de son cœur et pas de son déterminisme social. Mais au stade où ça arrive, je m’en fichais déjà éperdument.


Vu 1 fois

4.25/10 pour la première partie

_

JaiVuTout
4
Écrit par

Créée

le 15 mars 2025

Critique lue 31 fois

JaiVuTout

Écrit par

Critique lue 31 fois

2
2

D'autres avis sur Le Domaine

Le Domaine

Le Domaine

4

JaiVuTout

81 critiques

DOMMAGE

- L’avis (presque) sans spoil : Je ne recommande pas ce film (hors intérêt particulier que vous pourriez avoir (époque, sujet, culture cinématographique, casting, langue…)). Ou bien ne voir que la...

le 15 mars 2025

Le Domaine

Le Domaine

10

Portugal au sud du Tage

A Herdade nous raconte l'histoire d'un lieu, un immense domaine agricole au sud du Tage, et d'un homme, João Fernandes, son propriétaire. C'est aussi le portrait d'un pays, le Portugal, pendant une...

le 22 mai 2020

Du même critique

L'Homme tranquille

L'Homme tranquille

6

JaiVuTout

81 critiques

Et la femme inquiète…

- L’avis sans spoil : Un classique… à voir ? La suite aura du spoil sans balise, vous êtes prévenu-e-s. - - Trop fort ce Ford - Au plus je vois de films de John Ford, au plus je les sépare en deux...

le 23 août 2025

The Age of Ephemerality

The Age of Ephemerality

10

JaiVuTout

81 critiques

Plonger dans le maelström et ressortir lavé.

[Critique plus à froid]Ce disque m’a pris aux sentiments tout de suite. Difficile de comprendre ce que j’écoutais par moments mais envie d’y revenir quand même. Y a-t-il une ligne mélodique ? Un...

le 12 sept. 2025

L'Année sainte

L'Année sainte

6

JaiVuTout

81 critiques

Charmant comme un pépé, un peu gâteux aussi.

- À réserver aux fans de la période ou des acteurs. - Aucune objectivité chez nous avec ce type de film où l’aspect documentaire fait 50 % de l’expérience. Ça rajoute vite un point ou deux à l’œuvre...

le 24 oct. 2025