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À réserver aux fans de la période ou des acteurs.
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Aucune objectivité chez nous avec ce type de film où l’aspect documentaire fait 50 % de l’expérience. Ça rajoute vite un point ou deux à l’œuvre. Un certain charme teinté de nostalgie opère même si on reste assez cloisonnés, ne profitant pas d'une variété de lieux et d'objets d'époque.
Pour le reste c’est surtout du côté des dialogues que le film sera savoureux, l’ensemble étant un peu mou et faible. Un film à l’image de son acteur principal, fatigué et à bout de souffle mais plein de sa superbe au détour d’un bon mot.
Un film réactionnaire aussi, mais qui le sait (puisqu’il le dit lors d’une tirade), sans pour autant en faire quelque chose d’intelligent. Dommage.
Prix spécial de la féministe hystérique cliché (et incohérente parce qu’elle ne devrait pas s’énerver d’être traité de lesbienne, enfin je crois). C’est vraiment dommage, l’échange de réparties – et de visions du monde – entre les deux femmes était très intéressant. L’une a su faire avec le monde d’avant, l’autre veut changer le monde. Un film plus intelligent aurait laissé quelque chose de plus ouvert avec de la grandeur et des défaut à chaque personnage. Là c’est un peu « le vieux monde avait la classe » qui entretient le mythe de la bonne pute qui a choisi sa vie, tout va très bien dans le meilleur des mondes du patriarcat.
On met un « C’est un pédé ! » dans la bouche de Gabin qui aurait certainement pu dire autre chose. Attention, je ne dit pas qu’un malfrat n’aurait pas traité un pédé de pédé, mais j’imagine tout à fait dans un autre film une formule euphémisante type « il est de la jaquette », pas moins péjorative ni blessante mais plus haute en couleurs. C’était plus choquant pour Gabin que pour une éventuelle homophobie de l’entendre lâcher ça. Pas digne du monsieur.
Est-ce que je peux résumer ce film à ce problème ? En partie. En nous faisant le coup des « vieux malfrats qui avaient un code d’honneur » contre de jeunes cons qui font des attentats, le film place clairement des enjeux politiques, même superficiellement. On est presque 10 ans après mai 68 et le film nous rabâche l’opposition entre les vieux personnages et le monde de la chienlit tel qu’il est devenu. Presque en permanence.
D’ailleurs l’évacuation de la féministe se fait au bénéfice de la duchesse, faisant ainsi triompher la classe de la vieille prostituée contre l’hystérie de la jeune activiste.
Les terroristes ne veulent pas donner de revendication à plusieurs reprises. Le film ne veut peut-être pas légitimer le procédé, ça peut se comprendre mais c’est aussi une façon de dire que la nouvelle génération n’a rien dans la tête, cheveux longs, idées courtes. Ces trois personnages finissent par donner l’impression de ne pas avoir de motivation réelle ce qui affaiblit les enjeux du film. Aussi, ça rend l’appât du gain des malfrats presque noble en comparaison, car identifiable et bon enfant.
Vieux malfrat, vieux flic, vieille pute contre un monde jeune confusément mal compris.
Passé le plaisir de voir l’époque, les acteurs et un Gabin essoufflé mais encore magnétique, le film atteint vite ses limites bien qu'il nous ait fait rire quelques fois. Ceci dit, la morale avec le twist final qui remet les pendules à l’heure de tout le monde est une bonne chute.
Ce film est un peu un vieux pépé qu’on aime et qu’on a eu plaisir à voir mais dont on écoute poliment les anecdotes de guerre malaisantes avec des putes en trophée. Ça sent un peu la couche. Et c’est tout sauf la faute à Gabin !
5,5/10
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