Muertas se regarde avec un intérêt certain — le Mexique des années 60, deux sœurs qui règnent sur un réseau de maisons closes avant de virer aux meurtres en série, une esthétique soignée et une touche d’humour noir bienvenue. Le cadre est original, la reconstitution d’époque appliquée, et les deux actrices principales portent l’ensemble avec une présence convaincante.
Luis Estrada filme avec le regard d’un cinéaste — les compositions sont propres, l’atmosphère bien installée, et la série évite les pièges les plus grossiers du genre.
Mais Muertas ne va jamais vraiment au bout de ce qu’elle esquisse. La série hésite entre le polar noir, la tragédie et la satire sociale sans jamais choisir son camp franchement, et cette indécision finit par diluer la tension au lieu de la nourrir. Les personnages secondaires sont trop rapidement expédiés, et le rythme s’affaisse là où il devrait mordre.
En six épisodes, c’est court — et pourtant on sent que la série aurait gagné à être resserrée encore davantage.
Une bonne soirée Netflix, pas davantage. Le genre de série qu’on est content d’avoir vue mais qu’on ne recommandera pas avec passion.