Une claque. C'est le mot qui vient, direct. M'entends-tu ? ne prend pas de gants, elle attrape à la gorge dès les premières minutes et ne lâche plus grand-chose. Pas de misérabilisme, pas de regard surplombant sur la pauvreté : juste trois filles, Ada, Fabiola et Carolanne, qui hurlent, chantent et se débattent avec une vitalité désespérée.
C'est drôle, c'est cru, c'est souvent bouleversant de justesse. L'écriture de Florence Longpré trouve cet équilibre miracle entre le trash et la tendresse absolue. On s'attache férocement à ce trio.
Seule ombre au tableau : un ventre mou en saison 3. Sur deux ou trois épisodes, la machine se grippe un peu, l'écriture cède à la facilité et se met à "feuilletonner". On perd la radicalité du début pour tomber dans des arcs narratifs plus convenus, moins bruts. Heureusement, ça ne gâche pas l'ensemble. Une série qui a du cœur au ventre, et qui laisse des traces.