Mad Men, c’est la série qui te fait regretter une époque que tu n’as pas connue — et c’est peut-être son tour de force le plus troublant. Matthew Weiner reconstitue le New York des années 60 avec une précision maniaque, où chaque verre de whisky, chaque costume, chaque cendrier posé sur un bureau devient un personnage à part entière.
La réalisation est d’une élégance rare pour une série télévisée. Les cadres sont composés comme des tableaux, les couleurs saturées évoluent subtilement au fil des saisons pour accompagner la désillusion progressive des personnages. La musique, toujours juste, n’est jamais décorative. On est loin du formatage habituel des séries américaines.
Jon Hamm est impérial — Don Draper reste l’un des personnages les plus complexes et les plus insaisissables de l’histoire de la télévision. Brillant, séduisant, profondément vide. Les personnages féminins, Peggy en tête, portent quant à eux toute l’ambivalence d’une époque en train de basculer.
Si la dernière saison divise un peu — le rythme s’étire, certains arcs s’essoufflent — le final reste l’un des plus beaux et des plus intelligents jamais écrits.
Une série qui te manque avant même d’être terminée.