Ma note est trop généreuse : c'est qu'il y a toujours un plaisir à voir un beau casting incarner avec théâtralité un panorama politico-historique, même si ce n'est pas écrit dans la langue ciselée que l'on pouvait espérer, et surtout que contrairement aux promesses du titre, Mitterrand confidentiel est plat à la limite de la mièvrerie, production parfaite d'un service public qui cherche à tout prix la consensualité, l'hommage mou à un ancien président pourtant complexe, le lavant de ces nuances d'une manière qui n'est pourtant pas un hommage, pas une réécriture propagandiste par une gauche trop zélée, juste une tentative de ne heurter personne à gauche ou à droite, au risque de ne rien apprendre sur rien, de retirer même quantité d'événements dont on soupçonne le sacrifice davantage lié au refus de les traiter qu'à des impératifs d'efficacité ; d'infliger pourtant un name-dropping pouvant perdre les personnes peu au fait de toute cette galerie de personnages, et de ne satisfaire pleinement personne, et surtout pas les personnes s'intéressant à Mitterrand, à la politique, ou au cinéma. Dommage, avec ce casting et ces moyens, il y avait les moyens de faire quelque chose - si on l'avait voulu.