Après avoir beaucoup apprécié les deux premières saisons de Monster, j’attendais cette nouvelle itération avec impatience. Et pour cause : Ed Gein n’est pas juste un tueur, c’est une figure mythique de la pop culture morbide, à l’origine des plus grands monstres du cinéma — de Norman Bates (Psychose) à Leatherface (Massacre à la tronçonneuse), en passant par Buffalo Bill (Le silence des agneaux).
Et comme souvent avec Ryan Murphy, le malaise est total, mais maîtrisé. La série est visuellement superbe, presque trop belle pour son sujet. Elle provoque ce sentiment dérangeant de fascination pour quelque chose qu’on devrait fuir. Un peu comme avec Nip/Tuck ou American Horror Story, on se surprend à ressentir de l’empathie pour des êtres profondément malsains. C’est tordu… mais c’est ce qui fait sa force.
Comme à chaque fois avec cette anthologie, il faut aussi souligner un jeu d’acteur vraiment remarquable. Le comédien qui incarne Ed Gein livre une prestation glaçante, à la fois dérangeante et terriblement humaine. Il parvient à faire passer un frisson sans jamais tomber dans la caricature — et c’est justement ce qui rend tout ça encore plus perturbant.
Monster : Ed Gein, c’est un cocktail de dégoût, de compassion troublante et de mise en scène soignée. On est mal à l’aise, mais on regarde. Et on aime. À tel point que ça surpasse bien des documentaires pourtant très fouillés sur le sujet.
Est-ce moralement discutable ? Très probablement. Mais artistiquement, c’est redoutablement efficace.