Quand les voyages des autres deviennent le miroir d’une quête de soi.
Faire un voyage à la place de quelqu’un d’autre, c’est prêter ses pas, son regard, son temps. Kang Yeo-reum accepte cette mission un peu par défaut, faute de projet, après une carrière d’idole compromise. Mais ces voyages par procuration deviennent autant d’escales intérieures : au fil des paysages et des révélations, elle s’interroge sur ses envies, ses rêves, sur le sens du bonheur.
Autour d’elle gravitent deux figures : un réalisateur discret, Yeon-seok, attentif et observateur, écoute plus qu’il ne parle. Sa douceur ramène Yeo-reum à l’essentiel, jusqu’à l’interroger sur la valeur d’un rêve. Son amour est silencieux et timide malgré sa taille et son charisme. Quant à Oh Sang-sik, ancien boxeur devenu directeur, il dissimule sous sa bonhomie la peur de vieillir et la nostalgie d’un âge révolu. Entre fausse autorité et désenchantement, il cherche encore ce qu’il lui reste à accomplir.
Yeo-reum est une révélatrice de vérité, un lien entre le client et son objectif. Derrière chaque demande se cache un secret : une quête, un hommage, une déclaration d’amour ou une requête. En filmant ces voyages, elle découvre, révèle, puis transmet. Et comme une photo qui se révèle peu à peu, elle s’interroge elle aussi sur sa propre identité.
Vous l’aurez compris, ici on est dans la lenteur et la douceur. Et le scénario a un peu trop de faiblesse pour m’emporter. Le fil rouge entre les protagonistes reste si fin qu’il en devient presque invisible. Les trois personnages semblent évoluer en parallèle plus qu’en interaction. Les intrigues amoureuses manquent cruellement de substance, et le rythme, souvent inégal, n’aide pas à s’attacher. Dommage, car l’idée de départ, le casting et la douceur des images promettaient mieux.
La série se regarde comme une balade tranquille au soleil, sans trop réfléchir et le nez au vent. Mais si les cartes postales sont jolies, elles manquent de texte au verso. Et si vous cherchez des belles images, il existe des téléréalités de voyage, comme Le Bon Goût des Bikers avec Rain, bien plus immersives. Mais en revanche, les récits des quatre voyages proposés restent touchants.
Au final, cette série ne m’a pas bouleversée ni émue, mais elle apaise. Et ce n’est déjà pas si mal. On referme ce voyage le cœur calme, comme après une marche sans but précis, mais où l’on a tout de même respiré un peu d’air vrai.