Arriver au bout de cette longue épopée de cinq saisons a été une véritable épreuve pour mes nerfs. Je pousse un immense soupir de lassitude en repensant à tout ce temps investi dans une histoire qui refuse obstinément d'avancer. Rent a Girlfriend est sans doute la romance la plus polarisante qu'il m'ait été donné de suivre ces dernières années, et mon verdict final oscille douloureusement entre le quatre et le cinq sur dix. C'est une oeuvre qui souffle constamment le chaud et le glacial, m'offrant de brefs instants mignons avant de me plonger dans un abîme de frustration absolue.
Il faut tout de même rendre à César ce qui lui appartient, la réalisation globale sauve les meubles. Le studio TMS Entertainment propose une direction artistique très soignée et une animation d'une constance vraiment agréable à regarder. Les héroïnes sont bien caractérisées, portées par des doublages japonais d'une grande justesse. Mais celle qui porte littéralement la série sur ses épaules, c'est Chizuru. Elle reste de très loin le personnage le plus apprécié et le plus touchant. Toute la dimension émotionnelle qui gravite autour de son rêve de devenir actrice apporte une véritable âme au récit. De plus, il aura fallu attendre les toutes dernières saisons pour apercevoir enfin de minuscules bribes d'évolution dans la relation principale, me redonnant un infime espoir.
Cependant, tout ce potentiel est violemment gâché par la présence de Kazuya. Il est, à mes yeux, le pire protagoniste principal jamais imaginé. Sa stupidité m'afflige, ses réactions me désespèrent, et il ne possède absolument rien pour lui. Il passe son temps à subir les événements sans jamais rien faire avancer. L'auteur s'est totalement pris à son propre jeu en le transformant en une caricature insupportable. Le niveau de gêne procuré par ses décisions est tellement colossal que j'ai fini par ressentir un profond malaise physique devant la moitié de ses interactions. Et la situation empire drastiquement dès que Mami entre en scène, s'imposant comme la pire antagoniste possible en rendant chaque situation encore plus toxique et dérangeante.
Le naufrage narratif est total. L'intrigue donne la désagréable sensation de faire du surplace pendant des dizaines d'épisodes, s'appuyant paresseusement sur des malentendus d'un artifice flagrant pour étirer la sauce. Cette répétition maladive des mêmes situations finit par transformer les figures secondaires en de vulgaires clichés ambulants. Tout ce récit aurait largement pu, et dû, être condensé en deux fois moins de chapitres. Je ressors de ce marathon épuisé et passablement agacé, avec la certitude tenace d'avoir assisté à un immense gâchis scénaristique étouffé par la bêtise chronique de son propre héros.