Alors aujourd’hui, j’vous parle d’une série qui m’a retourné le cerveau plus d’une fois, dans le bon sens comme dans le mauvais : Rick et Morty, la série animée complètement barrée d’Adult Swim, lancée en 2013.
Je lui mets un 9/10, et c’est pas pour rien. Clairement, c’est pas une série comme les autres. C’est un OVNI télévisuel, un vrai laboratoire d’idées où le trash côtoie la philosophie, où le gag débile s’enchaîne avec une réflexion sur l’identité ou le sens de la vie. Et c’est ça que je kiffe.
Ce que j’aime avant tout, c’est la liberté folle qu’elle se donne. Elle peut partir dans tous les sens, changer de ton en plein milieu d’un épisode, casser le quatrième mur, te foutre mal à l’aise… mais ça reste toujours cohérent avec son propos. C’est chaotique, ouais, mais jamais gratuit.
Rick, c’est le personnage central, le génie alcoolique, cynique, qui semble tout savoir, tout maîtriser, mais qui est aussi incroyablement paumé. Et au fond, c’est ça que la série raconte : pas juste des voyages intergalactiques délirants, mais surtout la solitude, le vide existentiel, la fragilité de nos relations humaines.
Ce que je trouve dingue, c’est la façon dont Rick et Morty arrive à nous faire marrer à gorge déployée avec une scène de bataille entre cornichons mutants, et deux minutes plus tard, à nous balancer une vérité ultra dure sur la dépression ou la fuite émotionnelle.
Après, je vais pas mentir, y’a des épisodes qui me parlent plus que d’autres, et je vais justement en parler un peu plus en détail.
S03E03 – "Pickle Rick"
Celui-là, il est culte, on le connaît tous. Rick qui se transforme en cornichon pour échapper à une thérapie familiale, et qui finit par se battre contre une armée de rats.
Au-delà du délire ultra fun et visuel, c’est un épisode qui en dit long sur Rick. Ce mec est prêt à vivre un enfer littéralement sanglant plutôt que d’affronter une conversation honnête avec sa fille et ses petits-enfants. C’est ça la puissance de l’épisode : il dénonce la fuite émotionnelle derrière l’intelligence. Rick est brillant, mais il utilise son génie pour éviter l’introspection. Et c’est brillant que la série arrive à faire passer ce message à travers un délire de cornichon meurtrier.
S02E04 – "Total Rickall"
Un des meilleurs concepts de la série : des parasites implantent de faux souvenirs chez la famille pour prendre forme et envahir la maison.
Ce que j’adore ici, c’est que l’épisode parle de la mémoire, de l’identité, mais aussi des relations humaines. Les souvenirs qu’on se construit avec les autres, c’est ce qui fait qu’on les aime ou qu’on les déteste.
Et la chute est ultra forte : le seul personnage dont ils sont sûrs qu’il est réel, c’est Jerry – et c’est parce que tout le monde se souvient de moments merdiques avec lui. Rick et Morty nous dit que les vraies relations ne sont pas parfaites. Ce sont celles qui laissent des traces, même moches.
S02E03 – "Auto Erotic Assimilation"
Ici, Rick retrouve une ancienne amante, Unity, qui est… une entité collective qui contrôle des milliers de personnes. Et là, c’est une claque.
L’épisode aborde la question du contrôle, du consentement, et de l’amour impossible. Rick est face à quelqu’un – ou quelque chose – qui est littéralement tout ce qu’il déteste et tout ce qu’il désire : une intelligence supérieure, mais qui veut l’absorber dans une illusion.
Et la scène finale… ce moment où Rick tente de se suicider, silencieusement, après le départ de Unity. C’est l’un des passages les plus sombres de la série, et il est traité sans musique, sans dialogue, juste avec un montage froid. Là, on comprend que sous l’arrogance, Rick est complètement brisé. Ça m’a scotché.
Rick et Morty, c’est pas une série à regarder d’une oreille en scrollant sur ton téléphone. C’est une expérience qui mélange le fun, l’intelligence et une forme de mélancolie. Elle te prend par surprise, elle t’agresse parfois, mais elle reste toujours honnête.
C’est rare qu’une série animée arrive à autant me faire rire tout en me mettant face à mes propres contradictions. Alors ouais, parfois elle va trop loin, parfois elle perd un peu de sa magie… mais même dans ses moments faibles, elle reste fascinante.
Et si j’devais résumer en une phrase ? Rick et Morty, c’est du chaos pur, mais du chaos qui a quelque chose à dire.