Alors déjà chez moi, une journée sans chocolat, c’est un peu comme une journée sans rire ou sourire : ça ne devrait pas exister. Il faut dire que je viens d’un pays, même si je n’y vis plus, où le chocolat est une institution, et je suis un peu tombée dans la marmite quand j’étais petite (oui la bière aussi lol). Et avec moi, tout peut y passer : du truc bien industriel (coucou les Kinder qu’on achète “pour les enfants”), aux fameuses Mignonnettes Côte d’Or, les orangettes ou les chocolats Galler de mon enfance, en passant par la tablette 80% bio équitable aux fèves du Ghana bien entendu, et surtout jusqu’aux pralines (oui c’est comme ça qu’on dit chez moi) “haut de gamme” d’un maître chocolatier réputé quand j’en ai la chance. Donc je ne pouvais absolument pas ignorer ce drama.
Alors ce Romantics Anonymous, c’est du Eco + ou du Marcolini? Et bien, finalement ni l’un ni l’autre. Je vais vous expliquer.
Déjà, je dois dire que je m’y suis reprise à plusieurs fois pour le regarder. Je l’avais déjà tenté il y a quelque temps mais je n’avais pas été emballée. De plus, le pitch SC ne correspond pas du tout à l’histoire, sérieusement qui a écrit ça? Bref. Je ne vais pas répéter ce qui a déjà été dit, c’est l’histoire d’Hana, une chocolatière Coréenne vivant au Japon et qui souffre de scopophobie (youyou j’aurai au moins appris un mot), et de Sosuke, son patron qui est atteint de germophobie. Et oui, encore une histoire de patron qui tombe amoureux de son employée.
Dès le début, on est plongés dans les névroses de nos deux personnages centraux. C’est une entrée en matière qui ne m’a pas forcément convenu. Surtout qu’ils ont quand même tous les deux un très gros handicap, mais que cela ne les a pas empêché de bénéficier d’une certaine réussite professionnelle. Alors, pour côtoyer au quotidien des personnes présentant toutes sortes de difficultés de la vie, et notamment mentales, mon petit cerveau ne peut pas du tout concevoir cet aspect du récit. Ce genre de névrose est généralement toujours accompagné d’autres problématiques (addictions, précarité, isolement etc). Donc ça me paraît juste impossible d’avoir aussi bien évolué professionnellement avec une névrose qui prend autant de place. Désolée mais Sosuke qui change de chemise 10 fois par jour (bon, au moins ça nous permet de voir un autre type de tablettes de chocolat lol), et Hana qui semble sur le point de faire un court-circuit 90 % du temps, ce n'est pas possible pour moi.
Je sais bien qu’on est dans une romance et qu'il faut lâcher prise, mais j’avais besoin que les personnages soient définis par autre chose que seulement leurs névroses. Ils ne font que vivre autour de leur phobie, sans jamais essayer de la surmonter, sauf quand par miracle ils se rencontrent et là tout vient trop facilement. Pour ne rien arranger, l’interprétation ne me paraît pas sincère, parce que tout est surjoué. Le ML m’a laissée de marbre, et l'actrice qui interprète Hana m'a parue nunuche et insipide (sans doute dû à son rôle). Et même la psy a des problèmes, elle ne couche jamais deux fois avec le même mec, sérieusement c'est quoi cette histoire ? Au final, au niveau des personnages, seul Hiro est à peu près touchant et crédible, en plus d'être un canon. Il y a aussi beaucoup de rôles secondaires mais ils sont peu significatifs.
Et attendez je n’ai pas fini. En plus de tout ça, on multiplie les quiproquos pas très réussis, les situations poussives et les réactions peu naturelles. Dans tout cela, l'histoire tire en longueur, et la romance peine à avancer. Et là ça commence vraiment à sentir le chocolat renfermé. La fin pleine de bons sentiments dégoulinants n'a fait que renforcer ce ressenti jusqu'à la meringue finale.
Peut-être que j’exagère, oui mais c’est pas moi, c’est Mr Réalisme et Mme Logique sur mon épaule droite qui n’ont pas arrêté de me parler ;) Et pendant ce temps-là, en les écoutant débattre, Mme Emotion s’est endormie sur mon épaule gauche…
Voilà, encore une fois, “à l’insu de mon plein gré”, je suis en décalage avec mes collègues contributeurs SC… Si je me fie à mon échelle de tentative de notation, je vais devoir mettre un 6 pour incompréhension et/ou déception. Ne me jetez pas la tablette de chocolat à la figure (sauf si c’est du Noir Intense, je prends!), dans le drama je serais probablement la seule acheteuse du chocolat au wasabi dont personne ne voulait (en passant j'ai déjà eu la chance de goûter à un chocolat de luxe au piment, et je n’ai pas les mots pour en parler tellement c'était bon).
Bref, ici je dirais plutôt qu’on est sur du Milka - un des seuls chocolats au lait que je peux tolérer. C’est industriel et trop sucré, mais c'est toujours difficile de refuser un petit carré et ça reste quand même pas désagréable ;)
Pour finir, je dois avouer que même si je n’ai pas apprécié Romantics Anonymous à son juste goût, je me suis régalée à écrire cette critique, alors merci à ceux qui auront savouré ce petit carré amer jusqu’au bout ;)