Ce que j’aime dans Rome, c’est que la série ne cherche presque jamais à rendre l’Histoire noble.
Tout transpire la sueur, la poussière, le vin, le sexe, les calculs politiques minuscules et les humiliations quotidiennes. On sent constamment que l’Empire romain a été construit par des gens fatigués, ambitieux, sales, parfois brillants, souvent médiocres. Exactement comme aujourd’hui finalement.
La plupart des fresques historiques filment le passé comme une statue. Rome, elle, le filme comme une rue encore habitée. Les personnages mangent mal, vieillissent mal, mentent pour presque rien et improvisent la moitié de leur existence. Même César donne parfois l’impression d’un type débordé par sa propre légende. Et puis il y a cette sensation étrange que tout est déjà condamné alors même que l’Empire atteint son sommet. Chaque victoire ressemble discrètement au début d’une future ruine. La série parle beaucoup de pouvoir, mais encore davantage d’usure.
L’usure des corps, des systèmes, des loyautés et des récits officiels.