Si le fil rouge du destin nous unit à notre âme soeur, les fils rouges de S Line, nous relie à nos partenaires sexuels.
Adapté du webtoon de Ggomabi (A Killer Paradox), S Line est un thriller fantastique, de 6 épisodes, l’on ne peut plus déroutant. En compétition à Cannes en 2025, cette série mérite bien ces quelques lignes de tapis rouge.
Une jeune fille possède le don de voir les fils qui relient les partenaires sexuels entre eux, que les relations aient été consentantes ou non. Les fils rouges partant du sommet du crâne de chaque individu, elle peut, ainsi, en distinguer le nombre.
Si son don est inné, de mystérieuses lunettes permettent à quelques élus de partager ses visions… si bien que les infidélités et les trahisons des uns engendreront les frustrations et les vengeances des autres.
Un univers trash, inventif et malsain. La réalisatrice, Ahn Ju-Young, prend les commandes du scénario avec audace et dépeint, au scalpel, des tableaux de scènes sordides et dérangeantes. Les 5 premiers épisodes sont, implacablement, réussis ; décors, ambiances, jeu des acteurs, évènements déconcertants, design sonore, … tout est minutieusement pensé.
On avance, tellement, d’étonnements en surprises que l’on a pas le temps de se questionner sur le fond. Parce qu’il faut bien l’avouer, si l’on y réfléchit, tous ces jugements liés à la sexualité et aux infidélités des autres ont bien un côté moralisateur.
Et puis, boum, plantage total sur le dernier épisode, où l’on part dans une science-fiction mystique sans y avoir été préparé.
Une belle note, toutefois, pour la prise de risques et pour cette réalisation osée, et parce que l’on se surprend à compter les fils rouges au-dessus de nos têtes, ou alors on ne les compte plus, c’est selon.