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I've seen better things
Et pourtant, elle avait tout pour me plaire, cette série, avec sa gueule d'hommage ambulant au cinéma des années 80, de la typo du titre (typique) à l'ambiance groupe de gamins post...
le 18 juil. 2016
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En 2016, Netflix est encore jeune en France (2 ans). Deux séries de la plateforme m'avaient plutôt plu, House of Cards et Daredevil. C'était l'époque de la nouveauté, une plateforme numérique proposant des œuvres originales qui, à l'époque, avaient de la gueule comparativement à ce qui se faisait ailleurs, mis à part HBO. Les séries n'étaient pas trop formatées sur le fond et la forme, pas de quotas, pas de message poussif.
Je devrais plutôt commencer cette critique en précisant que je n'aime pas Netflix, qui est une véritable usine à merde. Ses productions sont génériques, interchangeables, oubliables, parfois (très) racoleuses, empreintes d'un wokisme vomitif (en concurrence avec Disney+ sur ce point), formatées de boût en boût y compris sur la longueur des scènes, des plans et le type de caméra et de photographie. C'est très moche, et même pour leurs plus grosses productions, comme Stranger Things, on sent que le budget est limité.
S'ils sortent des films d'animation sympas de temps à autre (Klaus, Les Mitchell contre les machines), on leur doit aussi des saloperies comme Sex Education et 365 Jours (sans parler de Sense8 et de ces enculés de Bridgerton, mais je ne vais pas faire toute la liste) et rien que pour ça ils méritent de crasher en bourse. Ils ont également violé Cowboy Bebop et Death Note, et ces enfants de Satan vont bientôt s'en prendre à Narnia.
Revenons en 2016, quand Stranger Things débarque et provoque une strangerthingsmania. La série proposait initialement de suivre un groupe de pré-ados geek, un triangle amoureux de 3 ados, et 2 adultes. Ce casting s'est ensuite beaucoup trop élargi, jusqu'à la nausée, avec une mention spéciale à Maya Hawke, nepo baby que je ne supporte pas ; en tous cas je ne supporte pas son personnage. Il faut dire que les dialogues de Stranger Things sont particulièrement mauvais. Mièvres, et mauvais.
La série débute en 1983. La dernière saison se déroule en 88 (avec un épilogue en 89). La série a été diffusée sur 10 ans. Oui, il y a un problème, puisque 10 ans se sont écoulés dans le monde réel, et si les deux premières saisons sont sorties coup sur coup (2016, 2017), les délais n'ont cessé de s'allonger pour les suivantes (2019, 2022, 2025). Les plus jeunes acteurs ont eu tellement le temps de pousser qu'il en devient ridicule de se se dire que seulement 5 ans se sont écoulés entre le début et la fin.
Tout un tas de raisons sont invocables, Covid compris, mais enfin aucun des acteurs n'a un calendrier surchargé, malgré le succès raisonnable de certains. Et puis une telle production est tout de même censée sécuriser ses acteurs.
L'histoire de Onze, du laboratoire d'Hawkins, du monde à l'envers était initialement plutôt sympathique ; un pudding d'années 80 fantasmées à la sauce Amblin, largement assaisonné de Stephen King. En parlant de ce dernier, on notera ici que l'interprète de Mike a participé au diptyque Ça, qui a récemment accouché de Welcome to Derry, imparfaite mais infiniment supérieure à Stranger Things et ce dans le même segment. Avec le rachat annoncé de Warner par Netflix (catastrophe, mais c'est un autre sujet), c'est un sacré sac de nœuds en termes de cannibalisation artistique : l'un inspire l'autre, qui inspire le premier à son tour, qui se met en concurrence avec le second avant de passer sous la même escarcelle, le tout en partageant l'interprète de l'un de leurs personnages majeurs respectifs.
(paragraphe réécrit car SC fait sauter de gros morceaux de critique dès qu'on corrige une coquille)
La saison 2 présentait de premières faiblesses avec le road trip de Onze à Chicago. Mais c'est avec la saison 3 que la série a véritablement "jump the shark", déjà avec l'arrivée de Maya Hawke (au secours), et surtout avec une intrigue digne de South Park impliquant des méchants Russes disposant de kilomètres d'infrastructures souterraines en plein territoire américain, ainsi que le massacre d'une bonne partie de la population transformée en kaiju (pas très discret donc), ce qui sera maquillé en incendie de centre commercial par les autorités (lol).
A partir de là, la série n'avait plus d'intérêt à mes yeux si ce n'est d'en connaître la fin.
Précisons ici que le contexte des années 80 n'a que peu d'incidence sur le récit et est surtout prétexte à renvoyer à l'imaginaire américain de cette décennie en multipliant les références appuyées à la pop culture d'alors. La politique, les enjeux de société, les problèmes de l'époque ne sont pas abordés, et ne parlons pas des mœurs puisqu'à aucun moment on ne sent un décalage avec des personnages qui seraient plus contemporains. Et ce n'est peut-être pas plus mal, vu le cahier des charges de Netflix. Non, ce dernier se matérialisera plutôt dans les personnages de Maya Hawke (à l'aide) et de Will, qui seront le gage LGBT de la série à partir de la saison 3 (ou 4 pour Will je ne sais plus). Sur ce point, la série a suivi l'évolution de Netflix. Il y a aussi un peu de féminisme rance, mais pas trop. La mutation woke n'est pas allé bien plus loin, la série est juste devenue nulle.
La série s'achève donc avec un épilogue en 1989, car il y a visiblement une volonté déraisonnable de l'encapsuler dans cette décennie. On remarque dans cet épilogue une esthétique qui flirte avec les 90's (coupes de cheveux, vêtements), mais sans plus car il faut croire que Stranger Things en dehors des 80's ce serait contre-nature. Ça se conçoit.
La fin est cependant assez ouverte, et même si aucune suite réelle n'a été annoncée (à part un spin-off animé se déroulant en 85, et une série anthologique avec d'autres personnages), je ne serais pas surpris de voir Onze revenir dans quelques années pour une mini-série ou un film se déroulant 10 ou 15 ans plus tard, ce qui devrait faire 30 ans dans le monde réel. On se retrouve donc en 2056 pour la suite des aventures de Onze contre les méchants militaires, dans une petite ambiance Y2K post 11 septembre. Avec cette fois-ci peut-être le Running Up That Hill de Meg Myers, infiniment supérieur à l'original ; mais qui serait malheureusement toujours anachronique.
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Créée
le 1 janv. 2026
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