Il est assez rare de trouver une série que l'on commence à suivre lorsque la première saison sort tout juste, et que l'on s'amuse à suivre, année après année, jusqu'à sa saison finale. C'est donc exactement ce qu'il s'est passé avec mon visionnage de The Bear, que j'ai découvert via une première saison particulièrement excellente.
Je ne vais pas m'amuser à faire une critique saison par saison de The Bear, mais voici mon avis général sur les différentes saisons : une première saison excellente, suivie d'une deuxième dans la même veine, plaçant déjà The Bear comme une série culte. J'ai été cependant bien plus indifférent au visionnage de la saison 3 et particulièrement lors de la 4, qui me semblent être des saisons moins intéressantes, beaucoup plus arty dans leur artisanat et qui surfent toutes deux sur la hype de la série en la transformant en un truc un peu trop intello qui m'a, je l'avoue, un peu déplu (en particulier lorsque les deux premières saisons travaillent aussi bien l'organique et le chaos).
Je suis donc allé vers cette saison 5 un peu à reculons, me disant que c'était de toute façon la dernière et qu'il fallait faire une croix sur les attentes que j'avais projetées vis-à-vis de ces deux premières saisons.
Et là, chef-d'œuvre. La saison 5 de The Bear vaut, à mon sens, le visionnage de la série dans son intégralité. S'infliger les saisons 3 et 4 est un moindre mal devant l'accomplissement de la fin de cette série.
Sans abandonner complètement l'aspect un peu plus auteurisant des deux dernières saisons, Christopher Storer se permet de prendre tous les bons côtés de celles-ci, sans faire l'impasse sur le côté beaucoup plus punk, nerveux et vibrant qui ont fait le sel des premières saisons.
On se retrouve donc avec une saison 5 d'une intelligence folle, créant du drame, de l'humour et de la narration comme la série n'en avait pas fait depuis longtemps. La musique et la réalisation hyper pop et saccadée nous entraînent dans la folie de ce restaurant et dans la course de tous ces personnages.
On passe d'une longue et lente fuite en avant qui traîne depuis 4 saisons vers des personnages qui avancent et qui évoluent, bouclant alors toutes les trames narratives en cours.
En bref, j'ai pleuré sur l'intégralité de cette saison 5, et pourtant, j'y allais avec un certain nombre d'a priori.
Alors oui, une série se juge sur son intégralité, et on ne peut effacer les écarts faits pendant les saisons précédentes. Mais croyez-moi, le meilleur de The Bear arrive au dessert.