Désolé, je vais faire mon fanboy, mais je viens de terminer le documentaire de Peter Jackson sur les Beatles, et franchement… je suis sur le cul.
Le film se concentre sur les trois semaines d’enregistrement de leur dernier album, en 1969. Pendant près de huit heures, on est littéralement plongé avec eux dans le studio : on assiste à leurs discussions, à leurs désaccords, à leurs moments de complicité. Par instants, ils semblent même oublier qu’ils sont filmés, ce qui donne au documentaire une authenticité assez fascinante.
Au-delà de la qualité du matériau d’archive - dont une grande partie n’avait jamais été montrée au public -, le documentaire a quelque chose de profondément révélateur. Il bouscule plusieurs idées reçues qui se sont imposées au fil des décennies. On a souvent raconté que les Beatles ne se supportaient plus à la veille de leur séparation, ou encore que Paul McCartney exerçait une forme de domination tyrannique sur le groupe. Or, ce que l’on voit à l’écran est bien plus nuancé : des tensions, certes, mais aussi énormément de respect mutuel, d’humour et de créativité collective.
Le plus extraordinaire reste sans doute le privilège d’assister en direct à la naissance de chansons devenues mythiques. Voir certains morceaux prendre forme spontanément, presque sous nos yeux, est une expérience difficile à décrire. On a véritablement l’impression d’être témoin d’un moment d’histoire de la musique. C’est le genre de séquence qui donne des frissons tant elle paraît irréelle aujourd’hui.
Et puis il y a le dernier épisode, qui est tout simplement incroyable. On y assiste à ce qui deviendra, sans qu’ils le sachent encore, la dernière apparition publique des Beatles avant leur séparation. Fidèles à leur volonté de revenir à quelque chose de plus brut et authentique, ils décident d’improviser un concert sur le toit de leur studio afin de jouer leur musique en live.
Pendant près de quarante minutes, le documentaire adopte un dispositif en écran partagé particulièrement efficace : d’un côté, le groupe sur le toit ; de l’autre, ce qui se passe dans la rue et à l’intérieur du bâtiment. Les passants commencent à s’agglutiner, intrigués par cette musique qui résonne dans tout le quartier. En parallèle, la police tente de mettre fin au concert, tandis que la secrétaire multiplie les subterfuges pour ralentir les agents et les empêcher d’accéder au toit.
La tension monte progressivement jusqu’au moment où les policiers parviennent finalement à rejoindre le groupe. On connaît l’issue, évidemment, mais le montage est si bien construit qu’on se surprend malgré tout à retenir son souffle.
Bref, mon estime pour Peter Jackson a pris plusieurs niveaux d’un coup. Rien que pour ce documentaire, j’ai désormais envie de regarder toute la trilogie du Seigneur des Anneaux. Comme quoi, les Beatles auront peut-être réussi à me vendre Tolkien.