Métaphore au gros trait de l'Union européenne et des flots de migrants à venir, sur le thème rebattu :"et si c'était vous ?" Disons qu'au premier épisode, ça se laisse regarder sans ennui ( sauf les scènes de la vie conjugale, qui sont aussi convenues dans ces séries que des publicités familiales pour les céréales du petit-déjeuner), sans grande passion non plus. Il y a de bonnes trouvailles, comme l'analyse du génome qui permet de prévoir les maladies des candidats à l'immigration, et leur coût futur pour le pays d'accueil. Un jour, on fera ça à l'embauche aussi. Et ce paradis de l'entre-soi, loin d'une vision de rêve, donne surtout le sentiment étouffant d'une prison.
Car ont-ils le droit de sortir, ces heureux citoyens de Norvège ? Les laisse-t-on voyager dans les pays dont ils refoulent les réfugiés ? Sinon, imaginez : sur les 510 millions de km2 de la Terre, se contenter de n'en avoir plus que 385 mille. Le mur serait plus pour les gens du dedans que ceux du dehors.
Mais sur le même thème de la pénurie alimentaire et des élus enfermés dans un paradis où ils sont voués à crever de faim, Concrete Utopia est évidemment incomparalement plus beau, plus mordant, et même bien plus réussi dans les scènes d'amour conjugal. De l'ensemble, se dégage un sentiment de banalité et un contenu assez médiocre, pas assez incisif. Finalement, l'ennui l'emporte.