Et bonjour...
J'ai découvert après tout le monde la version danoise de l'excellente série "The Killing," dont la première saison décortique les tenants et aboutissants d'un meurtre sur pas moins de vingt épisodes. Et cette exploration minutieuse d'un fait divers me fait réagir à différents niveaux.
D'un point de vue on va dire artistique, ou en tout cas scénaristique, c'est prodigieux. Passer autant de temps avec une poignée de personnages permet de fouiller les psychologies comme rarement, la qualité du jeu des acteurs donne sens et profondeur aux moindres variations, aux moindres hésitations au fil des révélations ; et les rares facilités ou incohérences ne sont pas tant des faiblesses que des recours appuyés aux repères familiers du récit policier.
Ensuite, facile de voir ce que cette qualité d'exécution peut avoir de satisfaisant, ce que ce monde clos et rigoureusement construit peut avoir de rassurant et ce que ces archétypes parfaitement maîtrisés peuvent avoir de sécurisant. Chacun, voyant cet exercice de style, pourra à la fois se reconnaître dans chacun des personnages, s'émouvoir et se situer, s'interroger. Ce qui est proprement énorme, une exploration de la nature humaine!!!
Et en même temps, je ne peux m'empêcher de m'interroger. Si les grands écrivains sont les architectes de nos consciences, quel projet derrière une telle construction? Doit-on passer par une noirceur aussi radicale, la destruction de tout ce qu'il y a de bon en nous pour repartir le matin venu? Et le miroir tendu, à qui ou à quoi parle-t-il?
Interrogations bien maigres, sans forcément de réponses. Ce qui était peut-être le projet, au fond.
Un jour à la fois,