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The Leftovers. La série commençait bien. Le pilote donne un petit frisson dans la tête. Tous les éléments de thriller mystérieux sont réunis, et se mettent rapidement en place. Dans une ville des Etats-Unis, des gens disparaissent subitement. Pourquoi ? Comment ? Mystère. Et le tour de force ce n’était pas de monter une enquête classique genre X files, mais bien de montrer comment font ceux qui sont restés ici pour survivre à la disparition inexpliquée d’un être cher. Un enfant, un père, une sœur, etc. Une secte prêche la fin du monde (évidemment). La solution classique. Se réfugier dans une niche qui protégera de la solitude, l’angoisse, et la dépression. Les autorités elles ne semblent pas avoir grand chose à proposer. Un mémorial. Un jour du souvenir. Le policier Kevin Garvey (Justin Théroux), est à la ramasse. Physique de cowboy avec sa fille ado à charge, la mère ayant disparue, il rame…
Et voilà que mon thriller devient un truc tout mou. Au lieu de vriller drame psychosociologique, il devient feuilleton de série B. On choisit volontairement la banalité et les anecdotes, pour noyer le sujet. L’exemple de l’épisode consacré au pasteur qui va jouer au Casino est pathétique, franchement, et mal fichu. Les jeunes traînent en voiture, et se droguent pour oublier. Une organisation secrète sortie de nulle part. Á sa tête un black au physique de boxeur charismatique, et au regard d’illuminé. Ça part clairement en couille. Ça ne développe plus rien, et l’histoire se bousille en milles éclats. J’ai cru me retrouver dans Lost, avec son concept pseudo-original, et sa réalisation « survival » pour les pauvres. Des scènes d’actions vite torchées, et des anecdotes hors sujet. La crèche a été vandalisée ? Et alors ? Le curé est « vraiment » chanceux au jeu !! Très chanceux. Et alors ? Théroux, son fils a disparu dans une organisation sectaire, en plein désert. Sa femme est dans une secte, en ville. La secte, voilà, la solution miracle pour ne rien développer ici.
Plus on avance, moins des relations se créent entre les personnages. Chacun de son côté, entre eux un certains vide. Et d’autres apparaissent pour remplir l’écran. Et c’est à se demander à quoi ils servent, ces nouveaux venus. C’est filmé tellement libre qu’on finit par ne plus se préoccuper d’une quelconque idée de crédibilité, ou de vraisemblance. Je pense qu’un sujet aussi ouvert sur l’étrangeté, demande a contrario, un minimum de réalisme dans la narration pour qu’on y croit réellement. Justin Théroux est intéressant, les autres à côté semblent vite faire la tapisserie. Ça freine au bout de quelques épisodes, malgré la présence d’un casting glamour, malgré Liv Tyler, malgré le générique en apesanteur.
Au fait, le sujet. Comment faire son deuil. Et comment le montrer. Trop difficile, on abandonne vite, et on se réfugie dans le soap opera déguisé. Très bourrin par moments. Les enjeux posés sur la table, comme : 2% de la population mondiale a disparue. C’était pas rien, mais c’était un effet d’annonce. Les enjeux resteront domestiques, loin du mystère promis à grands cris de musique étrange. On se contentera de peu. Faire revenir la femme à la maison, faut comprendre : Quitter sa famille pour intégrer une secte, c’est pas bon. Le gourou black un peu loufoque, aime bien les gamines ( ?!) Une petite ado, sa préférée, semble être l’élue, au sens propre, comme au sens figuré. Un vrai fourre tout cette série. La SF qui s’imagine drame ou thriller mystérieusement abscons, rencontre le supermarché, et les soldes. Pas terrible, et la série pas au niveau. Et le pire c’est que c’est chiant qu’il ne se passe rien, vu que les idées sont idem, rien. Echec à s’installer dans la durée, ça ennuie très vite quelqu’un qui n’a pas de temps à perdre. Et générique en trompe l’œil, qui promet (beaucoup) plus qu’il ne donne.
Créée
le 22 août 2016
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