L'appel de la forêt de l'autre côté du miroir

Nasir Khan (Riz Ahmed) est un jeune étudiant américain timide qui vit dans le Queens, à New-York. Fils d’immigrés pakistanais, il est un de ces nombreux musulmans « pratiquement » qui vivent dans une Amérique loin d’être guérie de ses tension raciales et du traumatisme que fut le 11 Septembre. Il suit un cursus universitaire où il se montre plutôt brillant, il joue au basket et regarde les filles de loin.


Un soir, il est invité à une soirée étudiante dans Manhattan. Il emprunte discrètement le taxi de son père mais se perd en chemin. Andrea (Sofia Black d’Elia), croyant qu’il est en service, monte dans son taxi. Elle est jeune, belle, mystérieuse, visiblement triste. Elle lui plait. Malgré son manque d’expérience avec les femmes, Nasir s’arrête acheter de la bière dans une station service et accepte de la conduire sur les berges de l’Hudson River.


Là-bas, ils prononcent suffisamment peu de mots pour continuer à se séduire. Andrea lui propose un cachet d’ecstasy. Son regard le trouble. Il a envie d’elle. Il accepte. Pour se racheter de la soirée qu’elle lui a fait rater, Andrea l’emmène chez elle, dans un appartement de la 87ème rue. Sur le perron de l’immeuble, ils croisent la route de deux jeunes blacks qui provoquent Nasir à l’aide d’une remarque raciste l’assimilant à un terroriste.


Dans l’appartement, ils boivent, absorbent un cocktail de cocaïne et de kétamine, s’adonnent à des jeux mêlant douleur et plaisir puis font l’amour. Nasir se réveille quelques heures plus tard dans la cuisine. Son esprit est brumeux, il met un peu de temps à se souvenir où il est et comment il est arrivé là. Ses parents vont s’inquiéter de son absence, il remonte donc dans la chambre pour prévenir Andrea de son départ. Il allume la lampe de chevet, et l’éteint quasi instantanément. Il respire un grand coup, rallume la lampe et découvre le corps sans vie d’Andréa, lardé de 22 coups de couteau.


Nasir panique. Il récupère son inhalateur contre l’asthme, ce qu’il reste de kétamine et enfourne le couteau resté sur la table basse dans son manteau. Il se blesse en cassant le carreau de la porte d’entrée et s’enfuit avec la taxi de son père. Ivre et paniqué, il commet un délit routier et est interpelé par des agents de police. Pendant le contrôle, un voisin a signalé une effraction sur la 87ème rue. Les agents hésitent à laisser partir Nasir pour intervenir sur ce signalement autrement plus important, mais ils l’emmènent finalement avec eux, sur le lieu du crime dont il vient de s’échapper.


Après la constatation du crime et l’audition d’un vague témoin oculaire, la police conduit Nasir au commissariat pour qu’il réponde de sa conduite en état d’ivresse. L’attente est longue. Durant la palpation d’usage, on retrouve sur lui le couteau encore ensanglanté. Le lien avec le crime est fait rapidement par le pragmatique inspecteur Dennis Box (Bill Camp). Nasir est désormais pris dans l’engrenage. Les preuves sont accablantes. Presque trop. Après un simulacre d’interrogatoire, Nasir est officiellement accusé du meurtre d’Andrea. John Stone (John Turturro), un avocat médiocre et opportuniste qui souffre d’eczéma aux pieds, est chargé de sa défense. Dans l’attente de son procès, Nasir est incarcéré au tristement célèbre pénitencier de Rikers Island. Un monde auquel il n’est visiblement pas préparé, et où sa survie entre chiens et loups dépendra des alliances et compromis qu’il acceptera de tisser.


Comment Nasir va-t-il survivre en prison ? Est-il la victime d’une erreur judiciaire, présent au mauvais endroit au mauvais moment ? N’est-il pas moins lisse qu’il n’y paraît ? S’il n’a pas tué Andrea, alors qui l’a fait ?


Fort heureusement, The Night Of n’est pas une série policière ou carcérale comme il en existe déjà tant. Les réponses aux questions ci-dessus sont certes primordiales pour le spectateur, et pourtant, la véritable proposition du format se situe ailleurs...


(lire le reste de la critique sur le site de l'ombre sur la mesure : http://ombresurlamesure.com/the-night-of-saison-1-richard-price-steven-zaillian/)

Créée

le 8 nov. 2016

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