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Par trois fois, AMC est entrée au panthéon des séries télévisées. Il y eut bien sûr les monumentales "Breaking Bad" et "Mad Men", mais aussi la plus inégale "The Walking Dead", qui réhabilita, si besoin est, la figure du zombie assoiffé de sang. La série se déroule dans un monde post-apocalyptique et se concentre sur un groupe de survivants tentant de s'organiser tant bien que mal face à une menace inconnue, de nature presque animale. Au-delà des moments de tension inhérents à ce genre de programme, le principal intérêt de "TWD" réside justement dans les rapports interpersonnels. Des caractéristiques telles que la résilience, l'autoritarisme, l'abnégation ou la sensibilité y deviennent des facteurs de rupture ou de progrès, de force ou de faiblesse. Plus encore que les corps émaciés des "rôdeurs", c'est la nature humaine qui est mise à nu, étudiée dans ses mises à l'épreuve les plus rudes.
Œuvre chorale, "The Walking Dead" prend le temps de s'arrêter sur chacun des protagonistes qui composent son cercle de survivants. Parallèlement aux enjeux centraux – la survie du groupe, l'hostilité de l'environnement –, les scénaristes lèvent le voile sur les tréfonds de l'être, en questionnant leur parcours, leur statut mouvant dans la nouvelle société, leurs rapports aux autres, la distance avec laquelle ils affrontent les événements et les tragédies. Le tout se fait avec une réalisation qui sait se montrer intimiste, angoissante ou caustrophobique, selon les besoins. Surtout, en filigrane, c'est la société américaine qui se voit examinée, dans ses travers comme dans ses retranchements, notamment via l'organisation de villages coupés du monde extérieur où prennent place des rapports de force à mille lieues des démocraties préexistantes. Il est intéressant de noter à cet égard que les protagonistes trouvent refuge au sein d'une prison, ce qui témoigne au mieux d'une totale inversion des réflexes, codes et symboles, puisque les lieux de répression deviennent œuvres de salut.
Créée
le 15 déc. 2015
Critique lue 278 fois
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