The WONDERfools
7.7
The WONDERfools

Drama Netflix (2026)

Voir la série

Même si le scénario est 100 % coréen, la genèse remonte au concept de "The B-Team" développé par le studio de Stan Lee en 2018. Porté par le réalisateur Yoo In-sik (Dr. Romantic, Vagabond, Extraordinary Attorney Woo), ce K-drama nous plonge en 1999, à l’aube du bug de l’an 2000, au cœur de la petite ville de Haeseong marquée par une histoire sordide qui remonte à plus de 20 ans en arrière. The WONDERfools fait penser naturellement à des héros Marvel ou DC, mais ils s'appuient davantage sur un mélange d'œuvres comme Cashero, Hi-Five et même The Boys dans le sens où ils ne sont pas nés comme ça et qu'ils sont le fruit d'expériences de laboratoire ou de contamination involontaire. Niveau ambiance et atmosphère, nos héros ont un petit goût des Gardiens de la Galaxie. Alors, entre satire et déconstruction des super-héros, nos enfants prodiges (bras cassés en l'espèce) de la fin du siècle dernier ont-ils réussi leur pari, à savoir proposer du dépaysement et du spectacle ?


Fin 1999, Eun Chae-ni(Park Eun-bin), de santé fragile, ne verra pas le nouveau siècle car son cœur fragile la condamne. Cette jeune femme de 27 ans est une ado attardée, certes attachiante mais qui végète. Sa seule famille est sa grand-mère qui tient un grand restaurant. Son ami de lycée Kang Ro-bin(Im Sung-jae), un peu limité intellectuellement, et son voisin, le fleuriste Son Gyeong-hun(Choi Dae-hoon), le tire-au-flanc mytho sur les bords, sont ses seules fréquentations. Un nouveau fonctionnaire de mairie va arriver et sa rigidité va les surprendre. En effet, Lee Un-jeong(Cha Eun-woo) est quelqu'un de mystérieux qui va porter une attention particulière à Chae-ni. Un soir, après une tragédie, nos trois compères vont acquérir des super-pouvoirs à la suite d'un malheureux concours de circonstances. Mais en réalité, cela va éveiller le pouvoir latent de Chae-ni en plus de lui en donner un nouveau. De l'autre côté de la ville, on note le retour d'un personnage diabolique, le professeur Ha Won-do(Son Hyun-joo), libéré sous conditionnelle après 20 ans de prison. Cet homme est à l'origine des malheurs que devront affronter nos amis et qui ont un lien direct avec le passé de certains d'entre eux.


Dès les premières minutes, le ton est donné. La série s’ouvre sur les notes iconiques de Creep de Radiohead, nous plongeant dans la mélancolie et le spleen de cette fin de siècle. Ce contraste temporel et musical pose parfaitement le décor d’une œuvre qui va constamment osciller entre nostalgie et modernité. L'ambiance rétro apporte une esthétique vintage soignée. C'est une approche assez fraîche du genre super-héroïque, loin des blockbusters habituels, plus centrée sur l'humour et l'aspect humain et maladroit de ces "Wonderfools" (les idiots merveilleux). Car, à la base, ils sont issus du Wunderkinder Project (en allemand, vous comprenez la référence aux expérimentations scientifiques de la Seconde Guerre mondiale ?) qui consiste à créer des enfants prodiges (ou des supers). Ambiance Y2K oblige, la série joue à fond la carte nostalgique mêlée à nos héros "défectueux" qui ont une durée de vie périssable, alors même que leur propre vie était déjà brisée par des causes physiques ou psychologiques. L'idée du drama est de montrer comment des gens normaux (et un peu à côté de la plaque) gèrent une responsabilité qui les dépasse. Ils vont se découvrir des qualités qu'ils n'imaginaient même pas, le courage et l'abnégation en tête.


Dans ce genre de drama, on ne vient pas pour le scénario connu d'avance. Le gros point fort de The WONDERfools tient en un nom: Park Eun-bin. L'actrice nous délivre encore une fois une performance exceptionnelle et convaincante. C'est un vrai festival, et elle fait le show, sans en faire trop. C'est simple, elle cannibalise l'écran. Mais il serait juste de faire aussi honneur à ses compères Choi Dae-hoon et Im Sung-jae, deux grosses pointures du drama et du cinéma coréen. Quant à Cha Eun-woo, je ne suis pas un fan du gars, mais en plus de la muscu, il nous livre une prestation plutôt convaincante avec son look à la Clark Kent. L'alchimie entre les membres de cette team fonctionne bien. Ils se serrent les coudes, se motivent et se donnent du courage. La bonne idée aussi, c'est qu'ici nos héros ne maîtrisent pas leurs dons et doivent travailler le facteur catalyseur pour s'en servir. Cela donne souvent lieu à des scènes comiques ou d'actions loufoques. Leur énergie est communicative et c'est un vrai shot de dopamine. On n'est pas là pour réfléchir, mais pour s'amuser et prendre du bon temps. La réalisation est soignée, les effets spéciaux corrects et la scénographie réussie. La bande musicale apporte un plus indéniable durant certaines scènes : la fin de l’épisode 6 m’a fait penser à une scène des Gardiens de la Galaxie avec ce long plan-séquence sur Park Eun-bin.


Le revers de la médaille, c'est que si nos héros sont bien traités et nous font passer un bon divertissement, on passe un peu à côté du sujet, parce que même si le danger est montré, il manque d'intensité. On ne ressent pas vraiment la menace qui plane sur nos amis, la faute à des "méchants" parfois trop tendres. J'ai trouvé ces antagonistes trop faibles, alors que leurs pouvoirs sur le papier étaient intéressants. Ils manquent de cruauté, et, chose improbable, certains vont même dégager une forme d'empathie. L'utilisation de la secte pour masquer leurs agissements est une référence à de nombreuses séries ou films, mais j'ai trouvé ce raccourci scénaristique trop facile. De plus, Son Hyun-joo, un des tauliers du monde artistique, est très mal utilisé et traverse le récit comme un fantôme. C'est un peu dommage, car il y avait la place de faire mieux pour acculer, durant certaines séquences d'action, notre team de bras cassés. Mais je comprends la volonté de Yoo In-sik de mettre sous la lumière nos Quatre Fantastiques pour ancrer un ressenti émotionnel puissant. Toute la morale de l’histoire repose sur ce qu’ils décident de faire de la défectuosité de leurs pouvoirs... C'est le choix du sacrifice par l'altruisme qui est mis en avant. Dernière chose, le rythme est bon vu qu'il n'y a que 8 épisodes, et le léger calme relatif à un moment est juste là pour nous préparer à un final assez punchy et réussi.


Avant de conclure, vous aurez noté que je vous laisse la découverte totale des super-pouvoirs des protagonistes, dont certains, quoique "moisis", vont s'avérer très utiles à des moments clés. À noter aussi l'intelligence dont a fait preuve le réalisateur pour nous expliquer le contexte historique en dehors de flashbacks paresseux et habituels. À défaut de nous délivrer une copie novatrice, il nous propose un récit jouissif, bon enfant mais aussi parfois sombre, un savant mélange entre comédie burlesque, drame humain et thriller. Entre les moyens techniques et les rendus visuels, on voit que Netflix a mis les moyens d'une production destinée à l'exportation. L'emballage est à la hauteur du contenu, même s'il est parfois chaotique, mais attention à la surdose lacrymale par moment: il faut rester dans la mesure et éviter tout excès. Le pardon envers une certaine personne m'a paru aussi un peu facile à la fin. Que retenir en sortant de ce drama ? De l'énergie à revendre, une tonalité bien propre et des héros attachants car identifiables. Oui ça manque de rigueur, de consistance mais cela ne m'a pas frustré car le spectacle est limpide et surtout divertissant. Comme dans ce genre de série la fin reste ouverte. J'avais prévu de mettre 7 mais Park Eun-bin vaut bien un point bonus, car elle plie le game à elle toute seule !


Main Theme : Gift - Flip My World

Opening Theme: The WONDERfools - Opening

Additionnel OST: Radiohead - Creep

Créée

il y a 3 jours

Critique lue 397 fois

Critique lue 397 fois

2

D'autres avis sur The WONDERfools

The WONDERfools

The WONDERfools

8

brujar-2

128 critiques

Des héros chez les zéros

L'histoire se situe à la veille de l'an 2000, dans une petite ville tranquille, mais où une secte qui annonce l'arrivée prochaine de l'apocalypse démarche ses fidèles.Chae-ni est une jeune femme à la...

il y a 3 jours

The WONDERfools

The WONDERfools

6

GillesRochet

39 critiques

Le sourire de Park Eun-bin

Réalisée par Yoo In-sik, écrite par Heo Da-joong, cette série courte de huit épisodes d’environ une heure chacun est sortie sur Netflix le 15 mai 2026, diffusée dans plus de 190 pays. Le projet...

hier

The WONDERfools

The WONDERfools

10

PilarFernandez

1 critique

Cha Eun-woo dans The WONDERfools : La confirmation d'un grand acteur

On va ne pas se mentir, on attendait tous The WONDERfools au tournant. Mais s’il y a bien une surprise qui balaye tous les doutes, c’est la performance absolument magistrale de Cha Eun-woo. Loin des...

il y a 3 jours

Du même critique

La vie portera ses fruits

La vie portera ses fruits

Une histoire de famille au gout doux-amer

Avec un budget de plus 42 millions de dollars(le plus gros après Squid Game 2 et 3 pour un drama coréen), avec Kim Won-Suk à la réalisation (Misaeng: Incomplete Life, Signal et My Mister entre...

le 28 mars 2025

Last Samurai Standing

Last Samurai Standing

Le dernier des Samouraïs

"Last Samurai Standing", avait été présenté en avant première mondiale en septembre 2025 au 30eme Festival International du Film de Busan en Corée du Sud. Notamment adapté en Manga à partir des...

le 13 nov. 2025

Mr. Plankton

Mr. Plankton

Un road movie tragique mais poignant

Mr. Plankton est un superbe série tragique, et non pas dramatique.Le début est la fin, et la fin est le début. Vous comprendrez cette phrase dès les premières secondes de cette série.Lui : bébé...

le 10 nov. 2024