Togetherness
6.3
Togetherness

Série HBO (2015)

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Saison 1.


C’est la nouvelle création des frères Duplass à qui l’on doit notamment l’excellent Cyrus, avec Jonah Hill. Togetherness est une minisérie de huit épisodes au format 22 minutes qui s’intéresse à quatre personnages, à l’instar du You’re the worst – produit formellement similaire – sorti l’an passé. Un couple de quadras, Michelle et Brett (Mark Duplass himself, j’adore cet acteur), parents de deux enfants, qui s’aiment mais ne baisent plus, auxquels se joint Tina, la sœur de la première et Alex, le meilleur ami du second, sont plus ou moins tous dans une impasse affective et/ou professionnelle. Si la série campe clairement dans l’univers et le ton des deux frangins, il faut souligner la qualité de l’écriture et l’amplitude que le récit parvient à s’octroyer, tout en subtilité, de ses situations les plus attendues à d’autres plus surprenantes, pour ne pas dire absurdes (Le mari, preneur de son, parti enregistrer le cri du coyote dans les hauteurs de LA, croisant sur son chemin une hippie délurée dont le passetemps est de s’enterrer). Ces doubles relations, conjugales (Michelle/Brett) et amicales (Tina/Alex) s’étoffent à mesure, jusqu’à converger vers une fin absolument déchirante, je n’en dis pas plus. Entre temps, la série aura alterné les moments les plus drôles (tentative de baise SM avortée), touchants et délirants. Après Hacker, ravi de revoir John Ortiz, l’énorme Jose Yero de Miami Vice, d’autant que son personnage, comme tous les autres (ce que ne parvenait jamais à réussir You’re the worst) apparait quand il faut, est très bien écrit, très beau. A part ça j’ai vraiment hâte de retrouver, en espérant vraiment la retrouver, Togetherness pour un deuxième opus.


Saison 2.


A l’annonce de son annulation après deux saisons, j’étais très triste. Voilà une série que j’aurais aimé suivre sur plusieurs années, pour préparer tranquillement ma future propre crise de la quarantaine. Plus sérieusement, il y avait dans ce programme des assortiments de personnages qui me plaisaient beaucoup. Et cette nouvelle saison a confirmé sa bonne tenue sans toutefois véritablement exploser comme elle l’avait promis. En ce sens, le dernier épisode, bien qu’il soit émouvant dans les retrouvailles (attendues) joue un peu trop franc jeu la carte des bons sentiments, avec rires et larmes, tripotée de gosses et force du message « Vivons ensemble » un peu trop placardée. On a presque l’impression que la série prépare sa sortie, façon happy end à l’arrache. Alors on a bien évidemment gardé ces personnages perdus, hésitants, toujours à deux doigts de craquer, qui cherchent à se reconstruire à l’image de Brett dans la reprise de son Dune de gosse transformée en pièce de théâtre ou de Michelle dans son projet d’école privée et sa compétition avec une mère classe dans ses bottes, mais son désir adultérin non assumé était le point fort de la première saison, disparu entièrement ici, enterré sous le poids de sa culpabilité, comme le personnage qui jouait son amant, évincé du casting en deux scènes. Ce qui devait être le point névralgique de cette saison, à savoir la tristesse de leur petite fille, qui ne comprend pas pourquoi son papa dort sur le canapé, est complètement édulcorée et balayé par un épisode paillettes et rigolades. Dommage. Et c’est d’autant plus regrettable que jusqu’à ce dernier épisode, la série s’en tirait, moins bien mais plutôt bien. L’avant dernier épisode avec le sable de plage, on est dans la drôlerie par l’absurde (Cela rappelle beaucoup l’épisode « Party time » dans la saison 1) donc moins dans un entonnoir moral. Reste que le personnage le plus intéressant de cette saison c’est définitivement Tina, qui s’éloigne de son amant de passage (Campé par Peter Gallagher) pour se rapprocher de sa sœur et se découvrir dans la garde récurrente de son bébé, l’envie elle aussi d’être mère. Saison en demi-teinte donc, avec de beaux hauts mais aussi de vrais bas. Mais un show attachant quoiqu’il en soit.

JanosValuska
6
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le 22 mai 2015

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JanosValuska

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5

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