La série se laisse regarder. Normal. Des vampires. Des loups-garous. Des fées. Des métamorphes. Qui se retrouvent tous dans une petite vile pleine de bois sombres et dangereux et de maisons isolées nommée Bon temps.
Il n'y a pas que les créatures merveilleuses qui font de cette série une fantaisie. La nature de ses personnages humains aussi. Les morts et les amours s'accumulent. On sort à peine d une période de deuil que l'on retombe aussitôt amoureux.
Au début j'avais du mal avec ça. Mais en fait c'est ce qui caractérise True Blood, cette exagération de qui nous sommes qui n'est pas loin de la réalité.
Dans cette série nos grandes souffrances sont abordées. La peur de la mort, la perte des proches, les séparations amoureuses, les amours non réciproques, mais aussi nos joies. Les peines et les moments de gaité s'enchainent et chacun essaie de faire pour le mieux avec ce qu'il ressent.
Une série que j'ai autant apprécié pour son univers fantastique que pour sa vison des humains, la façon dont elle aborde la fragilité de l'existence et la nécessité de l'apprécier comme on peut avec ce qui est.
Ceux qui recherchent une série réaliste ne l'apprécieront pas. Mais si on regarde au delà du coté improbable, elle nous parlera sur ce qui nous touche vraiment. Elle offre plus qu'un divertissement, elle participe à développer notre regard sur notre façon de vivre. Pas étonnant de la part de son créateur, Alan Ball, auteur de Six Feet Under et d'American Beauty, qui traitent les mêmes thèmes mais sans faire appel aux créatures mythiques et à la caricature bienvenue des comportements humains. Merci Alan, grâce à toi j'ai passé une très bonne semaine de confinement.