Saison 1 (7/10) :
LA série dont parle tout ceux qui l'ont vu avec un enthousiasme rarement égalé, et l'un des événements télévisuels de ces derniers mois. D'ailleurs, loin de moi la volonté de « casser » le mythe d'une série aux (très) nombreuses qualités : ne serait-ce que pour la réalisation du talentueux Cary Joji Fukunaga, l'écriture de Nic Pizzolatto et l'aussi inattendu qu'impérial duo Matthew McConaughey - Woody Harrelson, « True Detective » vaut le déplacement, d'autant qu'elle baigne dans une atmosphère particulièrement bien rendue, exploitant à merveille ses décors et certains personnages secondaires, particulièrement réussis.
Oui, mais voilà, il y a un souci : le scénario. Bien que celui-ci puisse s'appuyer sur de gros points forts, la réalisation de Fukunaga offrant même quelques superbes séquences
(la fausse fusillade, l'hallucinant plan-séquence dans la maison des dealers),
il s'avère en définitive assez banal, loin de la densité que l'on aurait pu espérer d'une telle histoire. Pire : le dernier épisode se termine en laissant de nombreux mystères irrésolues, si bien qu'on comprend l'idée principale tout en laissant échapper les précieux détails qui faisaient un temps la force de l'œuvre. Reste un montage et une construction souvent très habiles, et deux personnages captivants dont la relation profonde et complexe rythme la série avec brio. Avec un récit plus riche et puissant, cela aurait pu être une réussite majeure : il faudra nous contenter d'un polar de qualité, excellemment réalisé, écrit et joué : c'est déjà pas mal, juste un peu frustrant.