True detective c'est l'histoire d'une pièce de monnaie. Usée.
Côté pile, coté Cold, c'est la froideur du chiffre, le calcul, la manipulation, le nihilisme. Matthew l'halluciné, la carcasse noueuse, il prend des notes sur son grand cahier comme un croque mort prend des mesures. Il n'est que raison, esprit, pragmatisme.
Côté face, côté Heart, c'est la chaleur, la famille, la passion, le sexe. Woody le sanguin, de l'alcool dans le sang, les vapeurs au cerveau, la pression dans les couilles. Il ressent plus qu'il ne pense. Il réagit plus qu'il n'agit. Il baise et détruit sa famille, il cogne pour la réunir.
Sur la même pièce, chaque face est seule. L'une ne va pas sans l'autre mais il faut du temps, 8 épisodes, pour qu'elles s'harmonisent.
Et sur la pièce, il y a la tranche, fine, elle soutient pourtant les deux faces. Michelle, tellement belle, que Mac Cartney l'a chantée. Fragile et forte, elle unie autant qu'elle rompt.
True detective, c'est l'histoire du plus beau générique. Une musique de Handsome family qui fait grésiller les tympans et hérisser les épidermes. C'est tellement beau qu'on dirait du Nick Cave. Les corps, les visages, les yeux, les fesses, simples surfaces où viennent s'échouer les entrailles de la Louisiane.
True Detective, c'est l'histoire d'une enquête déjà vue. Des méchants déjà racontés. Du morbide déjà écrit. Du silence déjagneaux.
True Detective, c'est une histoire de HBOobs.
True detective, c'est une intrigue sans relief électrisée par des dialogues enivrants. Des images peintes avec les cils, une lumière essorée d'un foie cirrhotique, une musique qui fait vibrer le vide.
True detective, c'est l'histoire d'une fin ratée avec corps à corps final, blessures mortelles, héros immortels. Des larmes en trop, des étoiles en toc, un Cold en loque.
True detective c'est une note. Huit épisodes. Huit heures. 8. L'infinie allongée. La mort ne fauche que les méchants.