La fameuse série qui a tant fait parler d’elle ces derniers mois ! Une chose frappe d’emblée : son générique, superbe musique, superbe montage. Comme première approche, difficile de faire mieux. Et puis on fait connaissance avec les deux personnages principaux, Martin Hart (incarné par Woody Harrelson, acteur que j’apprécie beaucoup) et Rust Cohle (joué par Matthew McConaughey, dont la carrière a pris un vrai tournant ces dernières années mais dont je connais mal la filmographie, si ce n’est qu’il était le beau gosse de service dans « Contact » et un remarquable trader déjanté et drogué dans « Le loup de Wall Street » au côté de Leonardo DiCaprio).

Au départ, on pense avoir affaire à des personnages plutôt stéréotypés : le bon flic père de famille, et l’autre, un peu plus « mystique ». Et puis les choses se compliquent, et on découvre que tous deux ont leurs failles, leurs faiblesses. Et c’est tout l’intérêt de la série qui se déroule sous nos yeux : le cheminement de ces deux flics, qui tient plus du cheminement intérieur que de la simple résolution d’une enquête policière sur un meurtre qui semble « rituel ».

Ne cédant pas aux poncifs du genre, évitant les twists forcés pour s’en tenir à leur ligne de conduite, les créateurs du show ne font pas dans le spectaculaire gratuit. Tout est pensé, réfléchi. Et incroyablement cinématographique. La mise en scène est superbe, la photographie stupéfiante de beauté lugubre, et le rendu de l’atmosphère de cette Louisiane moite et poisseuse lui doit beaucoup. Certaines scènes resteront longtemps en mémoire (au hasard, la dernière scène de l’épisode 3, un long plan-séquence de six minutes dans l’épisode 4, ou le dernier raid en plein bayou dans l’épisode 8).

Difficile de ne pas parler du jeu des acteurs. Woody Harrelson est formidable de justesse, jusque dans les errements de son personnage. Mais Matthew McConaughey fait ici une prestation qui restera dans les mémoires ! Son personnage de Rust Cohle est fascinant, ce nihiliste illumine le film de sa noirceur, lui qui n’a peu de foi envers les hommes.

On pourra certes être un peu circonspect quant au déroulement de l’enquête, mais la structure narrative (l’intrigue se déroule sur trois époques distinctes) rattrape le tout. Incontestablement une grande réussite, qui récoltera sans doute quelques prix lors des cérémonies futures.
Lorhkan
9
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Créée

le 25 janv. 2015

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