De la violence en veux-tu en voilà. J'ai arrêté la série après six épisodes puis l'ai reprise au compte gouttes tant les bagarres étaient nombreuses et pesantes. Il n'y a pas un seul épisode sans que le sang coule avec force coups et blessures.
Et ça commence par une jeune femme, Eun-su, qui porte un lourd traumatisme pour avoir vu depuis sa plus tendre enfance son père tabasser sa mère, pour avoir eu quotidiennement peur et pour avoir fini par détourner les yeux.
Vient ensuite une autre jeune femme, Hui-su, ancienne amie d'école de la première, mariée à un homme des plus BCBG, Jin-pyo. Sauf que celui-ci la tabasse régulièrement jusqu'à la rendre inapte au travail pendant huit semaines. La plainte, assortie d'un certificat médical, est enterrée au fond d'un tiroir par le policier qui la reçoit. Après chaque séance de douces caresses le mari envoie sa femme dans leur chambre pour faire l'amour et il lui offre un petit collier... elle en a toute une collection. C'est dire.
La belle -mère de Hui-su donne des conférences très prisées sur les violences conjugales et elle cite toujours ses enfants comme exemples de bon comportement! Outre son fils sadique elle a aussi une fille, policière véreuse, qui dit à qui veut l'entendre que sa belle-soeur s'inflige des coups pour faire croire que son mari la bat. Quelle belle famille!
Eun-su et Hui-su se retrouvent, renouent leurs liens d'amitié et, ne voyant aucun moyen de sortir Hui-su de cet enfer, elles décident d'agir. Un jour, en faisant une livraison, l'une des jeunes femmes aperçoit un homme qui est le sosie parfait du mari cogneur. L'idée de se débarrasser de lui germe... jusqu'au meurtre. Le sosie est envoyé en Chine avec le passeport de Jin-pyo pour faire croire qu'il est en voyage d'affaires. Tout aurait été presque parfait si le sosie n'était pas revenu faire du chantage et c'est l'engrenage de la violence et du chantage à laquelle s'ajoute, pour les deux amies complices, la peur d'être découvertes.
Autre personnage important: le patron du sosie, un homme hermétique qui cache bien sa fêlure en même temps que sa bienveillance sous des airs impénétrables. Il dirige une entreprise plus ou réglementaire et plus ou moins bien moins bien fréquentée... ce qui se passe dans les coulisses est assez nébuleux.
Après la "disparition" de Jin-pyo la série change complètement de genre et, de dénonciation de la violence conjugale, elle bascule dans le thriller pur et dur. On se demande pourquoi. Et des bagarres, des bagarres et encore des bagarres. Pour moi c'est de la violence gratuite. Lesdites bagarres auraient pu être moins nombreuses et moins longues. On aurait compris quand même.
Le sosie est de plus en plus gourmand et mauvais et rustre. Les jeunes femmes sont cernées par ce sosie et par la famille du disparu. La mère et la belle-soeur de l'ex sont loin d'être des saintes. Elles sont tout aussi angoissante que tous les autres. Heureusement pour Eun-su et Hui-su le patron, qui dirig, entre autres, un club de mah-jong, veille sur elles qui sont la cible de la belle-mère, de la belle-soeur, de tueurs... et du sosie.
Il faut admirer la performance des acteurs. Les deux jeunes femmes jouées par Jeon So-nee et Yoomee Lee sont parfaites. Le patron joué par Lee Moo-saeng est impénétrable à souhait. Quant au mari et à son sosie il est joué par Jang Seung-jo qui livre deux facettes complètement différentes de ses talents d'acteur, en homme du monde et en malfrat vulgaire. Lee H-jung est une enquêtrice haineuse, menteuse et ambitieuse, sous des dehors de respectabilité. Son regard convient parfaitement à son personnage dissimulateur. C'est pour les acteurs que je mets 5.
Quant aux objectifs des scénaristes? On s'y perd. On croit avoir affaire à une dénonciation de la violence conjugale mais le passage au thriller, dans la seconde moitié de la série, montre qu'on s'égare du propos premier et on ne sait plus de quoi il retourne. Et pour finir, après près de la moitié des épisodes hors sujet, comme si tout d'un coup les scénaristes se disaient "mais au fait, on parlait de violence conjugale" on revient au sujet principal pour oser dire quelque chose comme "ne rien dire devant la violence conjugale est criminel".
C'est dur, noir, angoissant, démoralisant... et j'en passe.