9
5 critiques
Ca fait du bien.
Je n'étais pas fan de Stallone mais il faut avouer que là, il crève l'écran malgré ses 74 balais. J'adore l'ambiance de cette série qui me rappelle Breaking Bad.Ici, la diversité est naturelle, sans...
le 10 janv. 2023
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Je dois quand même le reconnaître : cette série, de par sa simplicité, m’a fait un bien fou ! Il y avait de tout : des moments drôles, des moments sérieux, et même presque émouvants parfois... Bref, elle était vraiment très rafraîchissante ! De la part de Taylor Sheridan, je ne m’attendais pas forcément à ça. Mais je ressens tout de même sa patte dans ce côté « une personne seule contre le reste du monde » et « l’Amérique romantique » si chers au réalisateur. On retrouvait déjà ces thématiques dans Yellowstone, mais ici, l'idée est abordée avec beaucoup moins de gravité, pour notre plus grand plaisir. Cependant, la série reste « classique » dans sa construction et ses personnages, mais c’est OK, on y reviendra.
Dwight est un magnifique dinosaure
J’ai presque trouvé un délire à la Les Visiteurs dans cette série, et je dirais même à la GTA. Je veux dire par là que Dwight est un gars qui, après 25 ans de prison, débarque dans un monde qu'il ne reconnaît absolument plus. Lui pense encore que le cash est roi, il ne connaît pas Uber, ne sait pas comment utiliser un smartphone et s'imagine que la weed est toujours totalement illégale.
En fait, c’est un pur boomer qui est resté bloqué à l'époque où le monde fonctionnait comme il y a un quart de siècle. Je parlais de GTA aussi pour le côté « nouvelle partie » : Dwight arrive, commence à « recruter » (plutôt forcer au début) des gars lambdas autour de lui qui se révéleront in fine être ses plus proches lieutenants.
Sylvester Stallone incarne un personnage au mieux attachant, et au pire plutot sympa ! C’est franchement l'un de ses meilleurs rôles depuis bien longtemps. Il a ce côté nounours gentil tout en restant un vrai mafieux. Franchement, il porte énormément la série et c’est ce qui attire le public. Les autres acteurs et personnages n’arrivent pas vraiment à son niveau.
Avengers des tocards
Tulsa King est une série qui se concentre beaucoup sur le personnage que campe Stallone, mais il ne faut surtout pas oublier ceux qui tournent autour de lui. Ces personnages ne transpercent pas non plus l’écran, d'autant que certains n’ont pas forcément droit à un arc narratif décent. Je trouve que le seul qui en bénéficie vraiment est Tyson, qui, à travers le prisme de sa famille et notamment de son père, apporte plus de profondeur.
Néanmoins, j’ai apprécié la manière dont Dwight les rencontre et les intègre dans son business familial. Il croise Tyson comme ça, vite fait au bord de la route, et ce gars-là va se retrouver proche lieutenant du clan Manfredi. Mais mis à part Tyson (et évidemment Dwight), aucun personnage de ce clan ne m’a marqué : ils ne sont pas assez palpables, j’ai un peu de mal à rentrer en résonance avec eux. Flemme aussi de voir Neal McDonough pour la 51 461ᵉ fois incarner un méchant manipulateur (Arrowverse, Desperate Housewives, Yellowstone…). En revanche, pour les deux derniers épisodes de la dernière saison, un certain acteur mondialement reconnu arrive dans la série : franchement, je ne m’y attendais pas, mais c’était méga bienvenu !
Une série… attendue ?
Je trouve que Tulsa King est une série attendue. Je veux dire par là que c’est une série qui ne m’a pas fait lever de mon canapé : je l’ai suivie, je suis allé au bout et j’ai apprécié, mais cela s’arrête là. Les intrigues sont téléphonées : un méchant = une merde = une saison. Même si elle traite des mafieux et du milieu du crime, la série ne prend à aucun moment le risque du drame. Tout finit toujours bien, aucun personnage proche de Dwight ne meurt. On s’éloigne des séries telles que Les Soprano, 1923 ou même Breaking Bad.
Je trouve aussi que le format n’est pas très engageant : un épisode dépasse rarement les 45 minutes, ce qui empêche à l’écriture et au montage de proposer plus de situations pour s’attacher aux personnages secondaires. C’est dommage, car ces personnages auraient mérité un meilleur traitement. On a cette impression que la caméra ne veut pas lâcher Stallone d'une semelle.
La patte de Taylor Sheridan
Taylor Sheridan est un créateur que j’apprécie particulièrement. Le travail qu’il a fait sur toutes les séries du « Yellowverse » est fabuleux : il m’a cueilli et m’a fait comprendre les valeurs qu’il défend et qui lui sont chères. Il a cette vision de l’Amérique profonde et romantique, cette maîtrise pour narrer des histoires d’hommes usés par la vie qui se retrouvent seuls face au monde, le tout servi par des acteurs fabuleux. J’aime beaucoup cet homme en tant que réalisateur.
Il est capable à n’importe quel moment de proposer un moment suspendu. Pour Tulsa King, c’était le passage avec Jelly Roll : un vrai petit moment de grâce qui vient donner du baume au cœur aux personnages (et au téléspectateur) au milieu de moments "difficiles" (Entre parenthèse car comme dit plus haut la série ne donne jamais dans le drame). Alors oui, la patte Taylor Sheridan est présente, mais je dirais qu’elle ne l’est qu’à hauteur de 50 %. Même si j’ai retrouvé ce côté Amérique profonde et l'ambiance humaine et ultra réaliste des personnages, je n’ai pas retrouvé la construction des personnages secondaires qu’il a pu amener sur des séries comme Yellowstone. Pour moi, Kevin Costner est un monstre du cinéma au même titre que Stallone, pourtant Yellowstone réussissait à nous attacher aussi à Kayce ou Beth entre autres. Il manque ce côté-là ici. C’est vraiment dommage, car Tulsa King avait toutes les cartes en main pour le faire.
Même si ma critique peut sembler plutôt mitigée, j’ai passé un super moment devant cette série. Pourquoi ? Parce que c’est une série qui ne se prend pas la tête, simple à suivre, sans besoin d’avoir des fiches de personnages en tête. Elle est cool, elle passe crème, et franchement... j’aimerais trop que Stallone soit mon tonton !
Créée
le 3 août 2026
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