Avec une série kitsch et décousue qui mélange les genres, David Lynch se moque de nous mais en nous incluant quand même. Toujours dans ses réflexions méta sur le cinoche, il propose ici une série très originale et déconcertante.
Il y a de vraies réussites : le personnage de Bob avant tout, le mal potentiel dans chacun de nous qui prend possession de nous, des trouvailles cinématographiques dans les éclairages et l'exposition pour rendre certaines scènes complètement irréelles, le cast (et pas que les top models qui occupent l'intégralité des rôles féminins de la série), l'humour décalé par moments, la sexualité ultra-présente et la superbe musique d'Angelo Badalamenti qui accompagne parfaitement toute la série.
L'immense problème c'est la longueur, y'a bien au moins 10h à jeter sur les 2 premières saisons en élaguant des side stories inutiles (James qui se fait framer, Nadine qui retombe en enfance, Ben Horne qui se prend pour un général Sudiste, vraiment 0 time pour ça), voire en supprimant des personnages carrément. Je suis prêt à accepter qu'on se moque de moi et que ce que je regarde a un intérêt plus méta que proprement narratif, mais comme tout homme, j'ai des limites et David ne les a pas respectées. Par conséquent, je me vois forcé de prendre les mesures qui s'imposent et de regarder la saison 3 quand j'en aurai le temps.