Enfin Netflix se réveille et propose Twinkling Watermelon. Et je souris en voyant l’enthousiasme soudain qu’elle suscite, parce que pendant longtemps, elle dormait sur Viki. C’est le genre de drama que je repoussais sans vraie raison, faute de déclic. Le titre me faisait même hésiter. Des pastèques scintillantes ? Et malgré l’affection que je porte à Seol In-ah (découverte en concubine éconduite dans Mr Queen, retrouvée en second rôle irrésistible dans Business Proposal), je n’étais pas pressée. J’ai repoussé, encore et encore.
Je me suis lancée un soir. Le premier épisode m’a rappelé La Famille Bélier : un fils entendant au sein d’une famille sourde, passionné de musique, contraint de grandir trop vite. Touchant, oui, mais…
Le second épisode change tout : le temps se plie, et l’on se retrouve face à un père adolescent, dans une ambiance Retour vers le futur, sans gadgets. J’étais perdue, presque prête à abandonner.
Et puis la musique s’installe, les acteurs se révèlent, et Choi Hyun-wook entre en scène. Il incarne le père de Eun-Gyeol (Ryeoun), à l’opposé du silence : un personnage excessif, bruyant, débordant de vie. C’est précisément cette dualité qui finit par nous attacher à eux.
La série se déploie alors. Les personnages cessent d’être des figures pour devenir des êtres vulnérables : fiers, émotifs, maladroits, humains. On découvre leurs failles, leurs contradictions, leurs espoirs. On rit, on s’attache, on s’inquiète. Et un jour, on comprend pourquoi les deux premiers épisodes paraissaient bancals : ils posaient la table.
La réalisation suit la même logique. Discrète, presque pudique. La caméra respire, jamais démonstrative. Le casting surprend par sa justesse. Ryeoun, en fils qui traverse le temps sans savoir qu’il fait face à son père, joue la retenue blessée et la maturité prématurée avec une douceur qui désarme. Choi Hyun-wook, en père adolescent, incarne l’insolence fragile de la jeunesse, cette énergie brute qui cherche encore sa place. Quant à Shin Eun-soo, qui incarne la mère jeune, elle est brûlante dans son silence : son regard dit tout ce que sa voix ne peut pas. On y lit la colère, la soif d’exister, la tendresse qu’elle n’ose pas nommer. Elle porte en elle tous les cris et toutes les musiques qu’elle n’a pas encore trouvées.
Et puis la musique… Elle ne sert pas de décor. Elle porte l’histoire. Les riffs, les harmonies, les silences : tout a un sens. On n’écoute pas seulement l’OST, on écoute ce que les personnages n’osent pas dire. Un soir, je me suis retrouvée à regarder ma guitare, en me disant que peut-être il était temps de recommencer.
Si j’ai un regret, il tient à la fin. Une scène manquante, un fil non noué autour de la rencontre des parents. Pas un défaut majeur, non, juste ce sentiment léger qu’une dernière note a été lâchée un peu trop vite.
Alors surtout, ne vous bloquez pas sur le titre, ni sur l’affiche. Twinkling Watermelon est un drama sincère, tendre, musical, qui prend son temps avant de vous cueillir. On croit le regarder par curiosité, et on finit par le vivre.