La virilité. Pour le Larousse, c’est l'ensemble des caractères de l'homme adulte, ce qui constitue le sexe masculin, la capacité d’engendrer. Des mots qui parlent autant de l'aspect comportemental que de l'aspect biologique. Dans Viril, on dirait que tout ça a été oublié. Ce qui reste ? La domination, la rigidité, la violence. Il en résulte une image tronquée de la virilité, comme si être un homme se résumait à être une menace.
Les propos sont servis façon clip nerveux, le montage est saccadé avec des images choc… un rythme qui rappelle plus TikTok qu’un vrai documentaire.
On regarde les épisodes et on se sent happé, mais pas vraiment éclairé. Les témoignages se succèdent, hors contexte, et les extraits choisis semblent pensés pour secouer le spectateur plutôt que pour expliquer. On a l’impression de suivre un flux de contenus sensationnalistes, où chaque séquence cherche le choc, et où la nuance n’existe pas. Et pourtant, le sujet le mériterait : la virilité est un concept complexe, humain, qui peut se traduire en agressivité, oui, mais aussi en courage, en responsabilité, en protection. Rien de tout ça n’apparaît vraiment.
Il y a des moments intéressants, quand la série parle de virilité au travail, de sport de combat ou de la reprise par certaines femmes des codes virils. Mais ces passages sont éclipsés par un montage frénétique et une logique de “toujours plus d’images”, qui empêche de réfléchir vraiment.
Viril aurait pu montrer la virilité dans toutes ses contradictions, raconter ce que signifie être un homme aujourd’hui. Au lieu de ça, elle préfère la réduire à un problème moral, un coup de projecteur sur ce qui fait peur. C’est efficace, mais humainement pauvre. La virilité n’est ni bonne ni mauvaise, elle est simplement humaine. Et ça, Viril le laisse de côté.