We Are Who We Are
7.3
We Are Who We Are

Série HBO (2020)

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N'étant pas fan de Luca Guadagnino, je dois avouer que cette série m'a surprisæ. Elle oscille entre justesse et ennui total, tristesse et idées bancales, et pour cause : le réalisateur nous livre l'image d'une jeunesse queer, un peu paumée, qui souhaite s'affranchir des préceptes des aînés sans réussir à franchement s'en émanciper. Un réalisme qui se profile lorsque Harper met naïvement une casquette "make america great again", alors que le lendemain, iel s'éloigne des valeurs conservatives de son père en explorant son genre. A l'ombre d'un bar gay ou dans les toilettes, une tondeuse et de la mousse à raser sur la moustache, le réalisateur dresse le portrait d'adolescents qui fuguent, expriment leur amour avec liberté, essayant de passer le temps comme ils le peuvent.

Ceci dit, c'est là que se trouve la faiblesse de la série : à son habitude Guadagnino ne nous épargne pas ses plans s'étirant inutilement en longueur. Si il se veut probablement poétique ou réaliste, le rythme l'emporte sur le message véhiculé : c'est soporifique. Malheureusement, aucune émotion ne se dégage des épisodes dans leur globalité : les conversations sont tristement banales, et les thématiques existentielles de deuil ou de religion peinent à s'imposer dans cet ensemble mou quasiment filmé en temps réel.

Le tiraillement de ces adolescents entre conservatisme et progressisme aurait pu être plus appuyé, histoire de remuer plus de sous-texte. Oui, la vie des jeunes est ennuyeuse et la puberté est un moment ingrat, mais au delà de ça, rien n'est vraiment raconté : ce sont des ados plutôt riches, Fraser est physiquement violent avec sa mère, il lui tire les cheveux, et elle le laisse s'enfoncer dans la débauche de fêtes sexuelles et alcoolisées ; sans compter le fait qu'il y a une fixette sur la différence d'âge encore trop malsaine pour pouvoir être regardée d'un œil "frais et innocent". Ca ne marche pas, et les indices métaphorisant les tensions sexuelles n'apportent rien...ca part sur du trifouillage de tartes aux fruits, c'est vrai qu'il nous avait pas déjà fait le coup de la pêche dans CMBYN.

Seules les questions d'identité permettent de traiter les différences de points de vue entre les adultes et leurs enfants : Harper navigue dans son identité avec innocence, tandis que des parents pétris d'idées conformistes paniquent et deviennent violents. Cette légèreté s'illustre dans l'épisode final où la conclusion, c'est que l'amour est multiforme, dégenré et sans limites.

Cet embroglio initiatique laisse dubitatif. Au final, seuls les deux derniers épisodes se démarquent et dégagent plus d'authenticité. Dans l'ensemble, la série tente de témoigner de la vie des jeunes, mais avec quelques maladresses. Ce n'est pas catastrophique : Luca Guadagnino a réussi à produire une teen-serie qui manque toutefois de profondeur. 6/10


p0mkanel
6
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le 22 févr. 2025

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