La photographie est belle, les paysages sont beaux, le décor est design, les actrices sont belles, j'aime la subtilité de la musique, mais tout ça manque de consistance, de crédibilité et de réalité.


L'intrigue n'a rien de compliqué, en fait c'est le découpage des scènes pour faire planer du mystère qui est là pour aiguiller sur de fausses pistes et complexifier la compréhension. Beaucoup de sous intrigues ne servent pas à grand chose et on a l'impression, une fois le dénouement obtenu, que c'est là pour meubler.


L'histoire en gros c'est un parc d'attraction récréatif contenant des androïdes mimant la vie au far west, où les visiteurs peuvent se comporter comme si ils vivaient à cette époque, avec la possibilité d'abuser des androïdes, sans que les robots ne puissent trop les abîmer en retour "juste ce qu'il faut". Et un jour ça dérape les androïdes se rebellent et tuent les visiteurs. Ca c'est le pitch de Crichton, son bouquin et le film des années 70. C'est repris pour la série.
Sauf que la série rajoute quelques choses -spoiler- là où dans le film il y avait une sorte de bug qui se répandait comme un virus informatique et qui justifiait que ça déconne, dans la série c'est un petit peu plus complexe, mais pas tant que ça. Les androïdes ont été créés par deux concepteurs, Robert et Arnold. Arnold, visiblement le plus doué -facile à voir il est noir, c'est le politiquement correct du moment- a essayé de créer une conscience artificielle et y a réussi en comprenant que ça reposait sur la souffrance, en particulier la conscience de la mort et la souffrance qu'elle engendre. Il a compris cela fortuitement en perdant son fils et n'arrive pas à s'en remettre. Ne voulant pas imposer cette souffrance à ses créatures qui n'auront pas la possibilité de mourir, il décide juste avant l'ouverture officielle du parc de tuer tout le monde, lui y compris, via la main vengeresse de ses deux androïdes stars qui ont acquis une conscience (Teddy et dolores. Dolores signifiant souffrance pour qui n'a pas vu le message grossier). Une fois la tuerie finie, son associé ne l'entendant pas ainsi, il décide de recréer tous les androïdes en mettant leur conscience en veille "bicameral mind" et de créer une copie d'Arnold, elle dotée de conscience. Le parc ouvre une trentaine d'années, et sur ses vieux jours, Robert qui est en train de se faire mettre à la porte par les nouveaux décideurs financiers du parc en arrive aux mêmes conclusions -toutefois ses raisons ne sont pas très claires-, remet le mode conscience en marche chez certains androïdes, et leur demande de commémorer le massacre, mais cette fois ci en le tuant lui, tous les humains présents pour son pot de départ, et les techniciens du centre, cela via le bras vengeur de deux androïdes star, celui qui avait fait le premier massacre dolores, mais le politiquement correct ayant changé le deuxième est une femme noire (Maeve), l'homme blanc qu'est Teddy est devenu une potiche. Et toutes les actions que Robert et la copie d'Arnold ont fait pendant la saison avaient pour objectif de permettre que cette soirée ait lieu, en n'hésitant pas à tuer quiconque pourrait la remettre en question. Et la plupart des autres intrigues de la saison reposaient sur la prise de conscience progressive des deux androïdes Maeve et Dolores, de leur réminiscence et leurs rêves.


Bref c'est pas très compliqué, mais par dessus ça sont rajoutées plein d'intrigues annexes pour faire du remplissage, de la violence et du cul gratuit. Toutes les actrices du casting ont une scène de sexe explicite ou implicite à un moment de la première saison par exemple. Mais comme ça suffit pas, dès qu'elles sont en contrôle elles sont à poil. Ça regorge de politiquement correct propagandiste, les hommes blancs sont des gros nuls dans la timeline "présent" (Teddy, l'homme en noir, le réparateur aryen...) , les femmes et les non blancs sont les meilleurs. Alors que dans les timeline "passé" l'homme blanc a le pouvoir et / ou est gentil (Teddy, Robert, William...). Il y a bien sûr du sexe gay et lesbien, mais curieusement aucune référence à la Shoah. Et on nous montre beaucoup d'imprimantes 3D. Bref un vrai produit de son époque sans prise de risque à ce niveau.


Raconté comme ça ça a l'air simple. Mais le découpage des intrigues essaye de rendre ça bien plus profond, ce que ça n'est pas. La réflexion sur l'IA n'est elle aussi pas très poussée. On a juste à un moment des possibilités de modifier les points de caractéristiques comme un personnage de jeux de rôles, ou les privilèges comme sur un système informatique.

wasabi
6
Écrit par

Créée

le 6 déc. 2016

Critique lue 367 fois

Westworld

Westworld

5

Hagstrom

le 22 juil. 2018

Suivre

Wastworld, un joli gâchis

Après nous avoir offert une première saison intrigante en proposant un univers complexe et original, la saison 2 de Westworld s'enfonce lamentablement dans le wtf à embranchements multiples. Une...

Westworld

Westworld

8

Vincent-Ruozzi

le 20 déc. 2016

Suivre

Theme park world

En 2014, HBO annonçait en grande pompe que Jonathan Nolan allait être en charge de l’adaptation de l’œuvre culte de l’écrivain Isaac Asimov, Fondation. Coécrivant la plupart des films réalisés par...

Westworld

Westworld

4

Gwynplain

le 14 juil. 2018

Suivre

L'imposture Westworld

La diffusion de la deuxième saison de Westworld vient de s’achever il y a quelques semaines et je dois avouer que ce visionnage s’est révélé pour moi une expérience éreintante que je vais tenter...

Le Labyrinthe - La terre brûlée

Le Labyrinthe - La terre brûlée

1

wasabi

le 3 nov. 2015

Suivre

un film de zombies de plus. C'est pratique les zombies, ils n'ont pas d'avocats pour porter plainte

Dieu que c'est nul. Les acteurs corrects sont morts à la fin du 1er volet. Il n'y a plus d'histoire de labyrinthe en dehors du titre, la trame est la plus décousue, ridicule et incohérente qu'il...

Collateral

Collateral

6

wasabi

le 28 févr. 2018

Suivre

condensé de politiquement correct

Une histoire classique d'enquête policière faite en 4 jours suite à un meurtre où on multiplie les pistes et où les personnages s'entrecroisent un peu à l'image du film "collision". C'est bien cadré,...

Aniara : L'Odyssée stellaire

Aniara : L'Odyssée stellaire

6

wasabi

le 1 août 2019

Suivre

Une histoire au service de la propagande

Les images sont jolies, c'est joué correctement, ça se laisse regarder. Mais il y a un gros problème, ce n'est pas une histoire de SF qui permet de faire un parallèle avec des problèmes actuels,...