Notes sur le film : Longue de 10 épisodes, Widow’s Bay raconte l’histoire d’une île mystérieuse et inquiétante, avec l’originalité, que l’on pense permise spécifiquement par le genre horrifique de la série, de proposer une sorte d’anthologie rassemblant divers sous-genre, qui nourrissent le récit en évitant la redite : un épisode exploite le concept de la maison hantée, un autre du film catastrophe, jusqu’à traiter des figures du boogeyman masqué ou du clown.

Très référencée, cette série se place dans les pas de l’Alfred Hitchcock des Oiseaux (1963) ou du John Carpenter de Fog (1980), avec une communauté au bord de l’eau qui fait face à une menace insidieuse. Mais, de manière savoureuse,Widow’s Bay utilise aussi des références à rebours : le héros (Matthew Rhys) ressemble beaucoup à Martin Brody (Roy Scheider) des Dents de la Mer (1975) de Steven Spielberg… mais en étant son opposé. Ce dernier faisait de son mieux pour alerter de la menace mortelle existant autour de la communauté maritime, alors que le maire Tom Loftis, même confronté de manière claire à des éléments surnaturels dès l’épisode 2, souhaite absolument développer sa ville d’un point de vue touristique, et travaille donc à minimiser ou à cacher la menace qui pèse sur le plus grand nombre, le plus longtemps possible. Cette ambiguïté morale autour du héros, très actuel dans l’idée – un héros de fiction est désormais rarement blanc comme neige -, se poursuit jusqu’au dernier épisode, avec un dilemme qui rappelle le récent Avatar 3 (2025) – autour de Spider. Cette complexité morale s’étend jusqu’à un autre personnage majeur, Patricia (Kate O’Flynn), d’abord caractérisée par sa jalousie, puis par un récit proche du tragique (épisode 4), dont son personnage ne ressort pas grandi. Mais le travail mythologique à l’œuvre dans l’épisode 8, et sa transformation en une héroïne badass, est un des pics du show.

Particulièrement travaillé d’un point de vue visuel, notamment par le prisé Hiro Murai – Atlanta, The Bear -, Widow’s Bay est un plaisir assez savoureux, aussi grâce à une bonne dose d’humour, même si la répétitivité du style atténue la puissance des vannes. On aurait également pu évacuer une paire d’épisodes, dont celui réalisé par Ti West – X (2022), Pearl (2022), MaXXXine (2024) -, qui étend l’univers dans le passé, mais Widow’s Bay est assez forte pour ne pas que ses quelques scories atténuent le plaisir global, et l’impatience autour de sa saison 2.

PepeLucho
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le 11 juil. 2026

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