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le 22 mars 2020
SuivreCe qui les lie
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Le nouveau show de Sollima, après Gomorra. Zerozerozero arrive donc après toute une flopée de séries et de films consacrés au trafic de cocaïne (tournant souvent autour de Pablo Escobar). On croise un peu l'ambiance de Gomorra avec ces récits internationaux consacrés à un trafic tentaculaire...
Et bon, c'est globalement super chouette. Le principe est simple, suivre une cargaison de coke du Mexique jusqu'à sa distribution en Italie. Ca nous permet de voyager dans pas mal d'endroits, en Amérique centrale, aux USA, en Italie, en Afrique, en pleine mer. C'est l'une des forces de la série. L'autre c'est l'incroyable facture technique du bouzin, impeccable de bout en bout. C'est visuellement impressionnant, parfois extrêmement jouissif. Mon gros bémol serait peut être à propos de la tournure que prend l'histoire. La bande annonce proclamait, "suivez la cocaine, vous comprendrez le monde". Bon, rapidement la série préfère se tourner vers l'intimité des personnages que de détailler les rouages de toute cette histoire qui verse, progressivement, dans le récit d'aventures rocambolesques. Cette approche ralentit pas mal l'intrigue, alourdit un peu l'ensemble et rend certaines choses un peu too much.
Le périple du fiston et du container de coke, bien qu'il permette de présenter Dakar, Casablanca et le désert tenu par les djihadistes, est assuré par une série de péripéties qui forcent un peu sur la suspension d'incrédulité. C'est pour pinailler, parce que sinon, le récit de cette livraison, racontée en flash backs, est globalement superbe, instructif et a ses moments particulièrement excitants. Au delà de la description pratiquement documentaire de ce que représente le transport d'une grosse quantité de cocaine, il y a une reflexion sur le coût humain que celà représente, même si ça reste léger, les personnages sont montrés comme imbus de leur pouvoir, persuadé qu'ils sont des maillons indispensables d'une économie parallèle qui permet de soutenir l'économie mondiale. Il y a également une description assez féroce de ces trafiquants, quelqu'ils soient, riches ou pauvres, méxicain, américain, africain ou italien, présentés comme esseulés, damnés à condamner leurs fils. Le rapport filial contrarié,
la dévoration de sa progéniture, le paramilitaire mexicain face à l'enfant de sa copine, face aux enfants du ghetto, le père et son fils américain et la transmission d'un business darwinien, qui élimine les plus faibles sans pitié, le mafioso qui déclare une guerre contre son grand père, lui reprochant d'avoir assassiné son fils (et donc son père)...
Bon, du bon boulot, qu'on aurait peut être aimé un peu plus centré sur la politique internationale que sur les affaires intimes, mais en l'état, c'était vraiment classe.
Après bon, vous êtes prévenus, ça donne quand même une image assez déplorable du trafic de cocaïne...
Créée
le 23 avr. 2020
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