Les meilleurs films de 2026 selon Adrast
Cette année j'essaie de tout annoter. De tout bien classer aussi. Comme un bon petit salarié bien en marche, mais en mode Raté Sans Activité.
Hamnet (2025)
2 h 05 min. Sortie : 21 janvier 2026 (France). Biopic, Drame, Historique
Film de Chloé Zhao
Adrast a mis 7/10 et l'a mis en envie.
Annotation :
7 ou 8. 7,5 en attendant un 2e visionnage.
On pense évidemment à Shakespeare in Love, mais alors vraiment le temps d'un instant, à peine le temps de reluquer les costumes et de se situer dans le temps et géographiquement. Car en réalité on est plus proche d'un conte macabre, d'une tragédie sordide qui rappellerait presque Les Échos du passé dans le caractère appliqué, tout en étant beaucoup moins darkos-sombrex dans la photo et en oubliant d'être chiant parce qu'il oublie pas de sublimer les instants de complicité. Oui là on est clairement dans le romantisme, visuellement et thématiquement. Les voilà les bons gros plans qui retiennent l'attention. Pas forcément de face, mais toujours assez près pour capter les gestes, les expressions, voire ce qu'on appellerait les micro-expressions chez les scientistes du body langweeeeyyyyyjjjjjj.
Il règne dans ce film une espèce de calme cérémoniel qui happe. L'action n'est pas tonitruante, on est arnaché à la mère qui ne bouge jamais de sa terre natale, et pourtant il y a comme un esprit qui habite ce film. Que ce soit par la bande-son classique discrète mais forte quand nécessaire, parfois même un brin clichouille quand elle veut trop mobiliser les émotions du spectateur, ou par un détail tout con, ces sous-titres dans une police raffinée, presque heroic fantasy, il y a du coeur et du soin. J'ai pas chialé parce que mes yeux sont sesques (ou que je suis pas en phase pleureuse d'une dépression chronique que j'ai jamais diagnostiqué) mais c'est typiquement le genre de film propice aux épanchements lacrymaux ; surtout j'imagine quand on est parent, et encore + depuis peu de temps. Ça joue énormément sur la corde du bonheur familial et de la peur de perdre la chair de sa chair, le sang de son sang. Pas cré cré 2026 donc, à l'heure des familles recomposées et des enfants adoptés.
J'ai envie de lui mettre un 8 mais j'ai peur de m'emporter. Je ne sais pas si son perfectionnisme formel survivra au poids des années, et si ce n'est pas un subterfuge pour faire avaler un scénario limité, sur un peu + de 2h pourtant. Bref en cherchant pas la petite bête c'est un bien bon beau film qui par le petit bout de la lorgnette pastorale sait quand même se montrer généreux en donnant même des petits aperçus gouleyants de la ville.
Aucun autre choix (2025)
Eojjeolsugaeobsda
2 h 19 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Thriller, Comédie dramatique, Policier
Film de Park Chan-Wook
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
7 à 7,5
C'est guignol et en même temps satire à balles réelles sur la sociéterre, sur la compétition généralisée en tout et pour tout. De ton entretien d'embauche à ton entretien de débauche [ce dernier c'est moi qui le rajoute]. Tout le long j'ai eu une légère impression de Dupontel, plutôt typé Le créateur X Adieu les cons, avec un soupçon de je ne sais quoi plus dramatique. Je dirais pas Parasite parce qu'à côté Aucun autre choix c'est une farce. Non voilà, plutôt Anatomie d'une chute, s'il avait oublié d'être chiant comme la mort parce que trop académique, trop César friendly. Anatomie d'un massacre presque. Ou comment pratiquer l'humour noir sur un sujet sérieux et déprimant.
Et ça marche, parce que la réal est 1000 fois mieux que dans Anatomie d'un Hitchcock. C'est régulièrement osé dans les plans, un coup en travers, un coup en FPS au ras du sol, un coup en surimpression... Bref pour du ciné presque mainstream c'est vachement libre et ça fait du bien. Parce que ça tombe jamais dans le kitsch ou l'excès, justement parce que ça reste sur des rails de film maîtrisé et donc respectable. Comédie satirique noire qui dénonce l'absurdité par le truchement du Couperet. Parce que oui comme un con j'avais oublié que ça venait de là, du film de Costa-Gavras, réalisateur que j'aime que moyennement parce que je pense être trop con pour bien saisir tous ses films. Genre Z, qu'il faudrait que je revois.
C'est bien, c'est pas trop lourd, ni trop léger et pourtant il y a de l'humour rabelaisien par-ci par-là. C'est pas LE film de l'année mais ça donne envie d'y retourner juste parce que c'est bien foutu et assez malicieux pour ne pas (trop) s'ennuyer, malgré quelques scènes de dialogues dispensables qui noient le poisson. Heureusement que les guns sont là pour réveiller. Comme disait Grodard (ou pas), un bon film c'est un film avec un flingue.
Le Studio photo de Nankin (2025)
Nanjing Zhao Xiang Guan (Dead to Rights)
2 h 17 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Drame, Historique, Guerre
Film de Shēn Ao
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
Ça en fait des caisses dans le zèle patriotique et dans les effets de manche dramatiques mais bon allez cinématographiquement c'est réussi.
Is This Thing On? (2025)
2 h 01 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Comédie, Drame
Film de Bradley Cooper
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
6,5
Bonne surprise que ce film de standupper sur le tard qui fait sa crise de milieu de vie et en même temps vit une rupture sentimentale. Du coup ça aborde en surcouches de millefeuilles des thèmes qui me parlent, même si je n'ai toujours pas atteint la quarantaine bien tassée malgré mon âge canonique. Globalement le point fort du film c'est sa réal collée-serrée au coeur de la non-action, soit toujours proche des tronches, ou en tout cas très souvent, pour filmer les réactions, les expressions de dépit, de tristesse, d'incertitude, et impliquer dans des endroits aussi anodins qu'une salle de bar, sur la banquette des artistes. Les mouvements de caméra sont parfois un peu brutaux mais en même temps toujours super fluides et propres. Ça contribue fort à une patte plus vivante, largement moins aseptisée qu'un film-tableau comme Dreams.
C'est marrant parce qu'au final c'est construit comme un film de romance pour cishet, mais vieux cishet, un brin cynique mais surtout usé par la vie, 'sadbag', traduit dans le texte par "dépressif". Sans polymamourisme, sans polybaiseurisme, ici c'est la monogamie à l'ancienne de l'amour courtois, pas de mélange des fluides et des miasmes. Même si ça cite la "polygamie" une seule et unique fois, pour désigner une ex partie loin loin du lieu où se déroule le film.
Du coup là encore je m'y retrouve, quelque-part. Bref un film de comique pas très comique, un peu comme le film avec De Niro qui a inspiré Le Jokère, croisé à la romance balisée comme Love Actually et compagnie. Une sorte de film de romance contrariée, comme c'est souvent le cas, mais ici c'est noyé dans un film de paumard célibataire donc ça passe mieux et ça enrichit l'expérience.
Ah oui et c'est oublier la musicalité des dialogues aussi. Ça bip bap bop d'un acteur à l'autre en variant les timbres de voix, sans surcharger, et sans surutilisation de la musique non plus. La musique est vocale, elle est dans les mots, pas dans l'instrumentation extradiégétique. Une scène avec le daddy bod, une autre avec l'ex-championne de volley, et de temps en temps une autre avec cet acteur un peu raté, un peu mi-figue mi-raisin, qui attend toujours son quart d'heure de gloire tout en espérant réinventer sa vie.
Bref, c'est un film de daron et en même temps c'est dynamique comme un film de d'jeuns' qui sait faire dans le cru comme Baker et compagnie. Un peu un film de bourgeois culturel, aussi, mais bon, dur dur d'y échapper dans une industrie qui brasse des miyons.
Palestine 36 (2025)
2 h. Sortie : 14 janvier 2026 (France). Drame, Historique
Film de Annemarie Jacir
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
6,5
J'ai failli oublier de l'annoter. Comme un con j'y allais en croyant que c'était un documentaire, et en fait non, c'est une fiction historique construite sur le temps long, et sur le thème de la colonisation britannique de la Palestine. Et pour le coup c'est plutôt réussi même si ça use de beaucoup (trop ?) d'effets de manche dramatiques comme le ralenti ou la musique plombante pour forcer les émotiongues. Du coup c'est pas forcément fait de manière fine et discrète mais au moins c'est efficace et les acteurs de divers horizons sont bien en place. On y voit des têtes connues de l'Ouest et de l'Est, dont Hiam Abbass, sans jamais tomber dans le casting 4 étoiles qui coûte un bras, deux jambes et 3 moignons.
C'est le genre de film à revoir pour bien ressaisir le tournant de chaque événement, même si c'est régulièrement entrecoupé par des échanges plus dispensables pour l'intrigue ; mais vraiment globalement le film est construit pour accumuler et montrer des gros morceaux historiques pour rappeler l'oppression du peuple palestinien. Avec en sus des images d'archives insérées avec intelligence pour bien appuyer le propos. On est donc loin du point de vue de Oui, mais toujours sur le thème colonial quand même.
Bref, à revoir, c'est du travail bien fait et crédible même si parfois un peu trop artificiel et artificieux, au sens du feu d'artifices qui fait feu de tout bois pour impressionner ou émouvoir.
Alter Ego (2025)
1 h 44 min. Sortie : 4 mars 2026. Comédie
Film de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
7,5
J'ai été gavé par un geek ascendant ingé qui hurlait littéralement de rire dans mon dos, dans la rangée juste derrière, mais comme je suis parfaitement démocrate et républicain, je n'ai rien dit, je me suis contenté de me retourner plusieurs fois pour lui jeter un regard inquisiteur. Malheureusement ça comprend jamais rien ces zanimaux-là.
Du coup le film est super cool, le concept de base, osé parce que basé sur un acteur qui se donne la réplique à lui-même, ou plutôt à son alter ego, est bien exploité. Globalement ça baigne dans une uncanny valley basée sur de faux-semblants qui font penser à Vivarium et compagnie, tous ces films de weirdos à weirdos, avec ici une touche francophone, pas franchouillarde, parce que pendant toute l'entame, avec la musique guillerette mais pas niaiseuse qui dicte le rythme, on se croit dans le ciné québecois.
Absurde et humour noir se donnent gentiment la réplique, monsieur Fraize est la fraise sur le gâteau qui fait entrer le film dans la catégorie des bonnes curiosités françaises.
Projet dernière chance (2026)
Project Hail Mary
2 h 36 min. Sortie : 18 mars 2026 (France). Aventure, Drame, Science-fiction
Film de Phil Lord et Christopher Miller
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
6,5
Ça verse un peu trop dans le lolilol, ce qui fait qu'on peut jamais vraiment prendre au sérieux les moments d'intensité dramatique quasi tragiques, comme si Ad Astra et Les gardiens de la Galaxie avaient enfanté un film de SF qui manque pas de surprises ni d'audace, notamment dans le choix des couleurs, souvent criardes, et dans le design des entités extraterrestres, pas inouï mais clairement assez bizarre pour se détacher des standards tout en restant identifiable et comparable à la faune terrestre. Idem pour la techno alien qui sort un peu du lot, qui paraît presque incohérente parce qu'entre primitivisme à l'épure et orfévrerie artisanale.
Mais du coup ces éléments déstabilisants permettent aussi au film de singer l'originalité tout en restant accessible, divertissant et grand public dans le ton qu'il emploie et dans sa construction narrative. Avec toutefois des rebondissements et un retournement de situation que je n'avais pas anticipé qui relance le film sur de nouveaux rails alors qu'on le voyait déjà se terminer. D'où les plus de 2 heures... Qui finalement passent bien si vous êtes un grand n'enfant amateur de SF.
28 ans plus tard - Le Temple des Morts (2026)
28 Years Later: The Bone Temple
1 h 49 min. Sortie : 14 janvier 2026 (France). Épouvante-Horreur, Thriller
Film de Nia DaCosta
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6 et des poussières.
C'est + comique que le 28 ans plus tard premier du nom, ce qui le rend parfois difficile à prendre au sérieux, déjà que le 1 était borderline dans le mauvais goût. Là c'est la foire à l'orangeade mécanique de l'horror porn pour placere mais pas du tout ducere. Par rapport au 1 l'horreur est moins brillante, moins viscérale, dans tous les sens du terme, beaucoup + basée sur le caractère malsain de la dynamique de groupe des blondinets rednecks irlandais. Des coups de schlass à tout-va mais globalement moins de coups d'éclat.
Je le trouve globalement moins réussi, scénaristiquement déjà, mais aussi dans la folie, l'effusion d'effet de surprise, de l'univers déjà, qui fait dans la redite, voire le réchauffé avec cette fin qui tombe comme un cheveu sur la soupe et condamne tous les zestrèm', y compris el famoso "populisme", pour ne pas dire "communisme", mais on a très bien compris. La sociale-démocratie du marché, hoquet. La même pour laquelle on va bientôt être plongé dans la guerre, toujours pour préserver les intérêts des gros friqués, mais chut chut, faut pas l'dire, c'est poulopopouliste et grossophobe.
Marty Supreme (2025)
2 h 29 min. Sortie : 18 février 2026 (France). Drame, Biopic, Sport
Film de Josh Safdie
Adrast a mis 7/10.
Annotation :
6,5
On trouve régulièrement le temps long mais le film sait distiller des fulgurances invraisemblables dans une narration biopiquienne. Comme si ton biopic de zikos fait pour plaire aux quarantenaires chiants fusionnait avec Caught Stealing, sans le côté thriller explosif mais avec le même goût pour l'impromptu et les refs répétées à la culture juive.
Une vie rocambolesque filmée avec assez de passion et de malice pour donner une sensation de cinéma vivant à la Baker. D'ailleurs je confonds régulièrement les frères Safdie avec Baker, alors que thématiquement et dans l'humour du quotidien, l'humour de la comédie humaine, on serait plus proche des frères Coen, façon A Serious Man.
Narrativement c'est construit selon une structure classique de la quête du héros, de zéro à héros, mais avec tout le rocambolesque du personnage de film muet à la Chaplin qui se casse la gueule puis se relève par zèle égotique puis retombe dans la foulée. Une sorte de loser magnifique, de héros cabossé dont le parcours de vie est en dents de scie.
Je ne dirais pas que les matchs de ping pong sont passionnants mais la réal les rend assez intéressants pour donner ou redonner ses lettres de noblesse à une discipline occultée par le tennis. D'ailleurs les 2 sont mis en parallèle au départ pour évoquer la fameuse balle "marty supreme".
Musicalement on est en plein retour dans les années 80, avec sûrement des instrus repris tels quels d'époque, tellement les synthés semblent sortis de cette décennie, même pas modulés par des sonorités revival comme on pouvait les entendre dans la synthwave. Là on est dans le synthétique pop d'époque. Pas dans le Goblin, pas dans le giallo, dans une BO qui convient bien à un film sportif qui aurait pu sortir dans les années 80 et qui pourtant se déroule dans les années 50.
Bref un film qui tient hautement sur la personnalité borderline de son perso, impulsif, passionné, habité, compétent, bref le parfait startuppeur, seulement lui il voulait faire du ping pong.
Nuremberg (2025)
2 h 28 min. Sortie : 28 janvier 2026 (France). Historique, Drame
Film de James Vanderbilt
Adrast a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
6,5
J'ai commis une bafouille. Film divisif, for sure.
Le Gâteau du Président (2025)
Mamlaket Al-Qasab
1 h 45 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame
Film de Hasan Hadi
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
Ça part de l'anecdotique, un gâteau pour le "président", et ça devient tout un parcours initiatique, pour ne pas dire un parcours de galère pour parvenir à réunir tous les ingrédients requis. Par le petit bout de la lorgnette de l'histoire on voit comment l'Histoire d'un pays s'écrit. Comment sa déchéance se produit et comment les réflexes de survie et de prédation, que les droitards de l'excréme adorent remobiliser régulièrement, reviennent et pourrissent la vie des plus faibles. Comment le marché noir recrée des castes nettes et tranchées entre ceux qui sont dotés de la marchandise et qui vendent et ceux qui ne l'ont pas et dépensent le peu d'argent qu'il leur reste pour acheter des choses pourtant basiques : de la farine, des oeufs, du sucre. Anecdotique, terriblement anecdotique, et pourtant si critique. Anecdocritique. Crise de la pénurie diraient les libéraux, marché gris délibérément organisé alors qu'au sommet c'est Byzance et que les entrepôts dégueulent de denrées. Une allégorie du marché mondial quoi. De tout ce qu'on jette parce qu'invendus. Mais le film ne va pas jusque-là. Non on reste collé aux basques de la fillette qui slalome entre les plots, entre les pièges tendus par les adultes pour l'arnaquer voire pire. Le libre marché de la baise, plus ou moins légale, après tout on est dans un contexte de pré-guerre voire de guerre, car on est censé être en 1990 si j'ai bien suivi, alors qu'on entend et qu'on voit des frappes supposément aériennes, frappes qui n'ont eu lieu qu'en 1991.
C'est globalement gueulard mais toujours justifié, chaque situation montrée suscitant légitimement l'indignation des persos représentés. C'est pas tant tendu par les armes et la menace militaire, malgré le contexte de guerre, plutôt par les relations d'hostilité et de fausse sympathie décrites précédemment. De ce fait, en cherchant pas à masquer la saloperie du contexte, ça a des allures d'authenticité que tu retrouves pas toujours ailleurs, enfin plus assez souvent disons.
Le Mage du Kremlin (2025)
The Wizard Of The Kremlin
2 h 25 min. Sortie : 21 janvier 2026. Drame, Historique, Thriller
Film de Olivier Assayas
Adrast a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Merde encore une crottique qui va alourdir les serveurs et annihiler notre planète.
Le Retour du projectionniste (2023)
The Return of the Projectionist
1 h 27 min. Sortie : 21 janvier 2026. Société
Documentaire de Orkhan Aghazadeh
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
C'est filmé de manière à brouiller les pistes entre documentaire et fiction. Et pourtant oui c'est vraiment un docu, juste que le montage fait en sorte d'avoir une structure narrative qui rappelle des drames d'autres pays, comme les films iraniens ou chinois qui mettent en scène la ruralité. Car oui là question ruralité profonde on est servi. On voit toute la galère de la vie isolée en Azerbaïdjan, son Wifi capricieux, sa low tech très low, sa débrouillardise pour réparer le moindre objet et lui offrir une seconde vie, tout plomb est transformé en or.
On croit toujours qu'on va s'emmerder et en fait non, on reste accroché à la quête de cette ampoule qui pourra relancer tout ce PROJET de remise en route du ciné-club local. Et en passant on voit comment une amitié intergénérationnelle se tisse et évolue en bien comme en mal par l'amour du cinéma et de l'animation. Une vie rurale paisible et pourtant pas avare en rebondissements. Servie par une construction narrative intelligente qui fait passer le documentaire pour une fiction et vice-versa. La vie est une fiction, la fiction se rêve véritable.
Ce serait 7 si j'avais pas fini par sentir une pointe de lassitude et un sentiment d'à-quoi-bon.
Retour à Silent Hill (2026)
Return to Silent Hill
1 h 46 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Épouvante-Horreur
Film de Christophe Gans
Adrast a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
J'ai encore commis une crottique sur SensCritique. C'est grave. Très grave.
Coutures (2025)
1 h 43 min. Sortie : 18 février 2026. Drame
Film de Alice Winocour
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6 ou 7. 6,5
J'aimeuh biengue. Il y a du Sofia Coppola dilué dans de l'horreur chic. Pas de l'elevated horror, non non non, de l'horreur chic, à la Von Trier. Et en bout de course seulement, l'horreur reste en toile de fond tout du long pour marquer la personnalité de l'héroïne, + que pour animer le film. On n'est pas dans Neon Demon.
C'est souvent sobre, la musique est légère, discrète, ce qui renvoie à cette impression de Coppola, d'atmosphère ouatée baignée dans l'horreur quotidienne, tangible, celle de la maladie. Et du prouprout bibourge de la haute-couture, évidemment, qui donne cette impression de noblesse des sentiments, de noblesse d'âme parfois un brin forcée comme quand le perso d'Angelina Jolie, Maxine, parle à une soixantenaire dans une salle d'attente avant de conclure l'échange en lui demandant son prénom d'un air très affecté - presque autant que nos députés macronistes quand ils doivent condamner lézestrèm' des vilains rouges de le la les LFI - comme si elle venait de rencontrer son âme soeur, la véritable, celle de la sororité.
De la haute couture qui valorise à donf le travail bien fait, comme dans le film Haute-Couture avec Lyna Khoudri, et légitime et même normalise les heures sups et les pauses déjeuner sautées. Pour la pa$$ion. Mais qui met aussi bien en avant le caractère superflu de l'exercice. "Inutile mais nécessaire" pour citer Maxine.
Le Son des souvenirs (2025)
The History of Sound
2 h 08 min. Sortie : 25 février 2026 (France). Drame, Romance
Film de Oliver Hermanus
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6 à 6,5.
Beau mais un brin chiant avec rompiche incorporated. L'immersion dans l'Amérique du 19e siècle est très bonne, il y a un beau travail sur la lumière et globalement la patte naturaliste. Il n'y a pas de volonté de travestir l'esprit de l'époque, comme le faisait un Sinners, là ça prend son temps, du coup j'ai piqué du nez plus d'une fois, mais là où il fait bien c'est dans ses compositions de scène, et surtout dans la mise en valeur du folklore musical d'époque, du chant traditionnel comme instrument. On se prendrait presque à croire que l'acteur qu'on a sous le nez est un virtuose des cordes vocales, alors qu'il y a pas plus tard qu'un mois en arrière on le voyait batifoler dans Hamnet. L'illusion opère donc. Et pour le reste, pour ce qui est de l'histoire d'amour entre 2 hommes, on y croit aussi. Parce que la pudeur est là, dans les sentiments ou dans la chair. La torpeur d'une vie à 2 qui n'a pas été vécue, aussi. L'impossibilité d'exister officiellement alors que leur relation se devine aisément, mais qu'il faut garder la face en société. S'effacer pour continuer à exister. S'éloigner pour espérer se retrouver. Et en définitive vivre la vie d'un autre parce que c'est un attendu. Bref des thèmes universels, qu'on soit homo, hétéro, sapio, pan, polymamoubaiseur, ou pas, si on est aromantique. À ne pas confondre avec la Rome antique, ça c'est pour les amateurs de péplum comme moi à canceller au plus vite parce qu'ils aiment un peu trop les empires là, tous ceux qui n'ont jamais pris fin, on le sait Thiellement. Moi chuis hétéro bloqué, chuis un peu partout et nulle part à la fois, c'est comme ça c'est "mon choix".
Il Maestro (2025)
2 h 05 min. Sortie : 11 mars 2026 (France). Biopic, Drame, Sport
Film de Andrea Di Stefano
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
Aurait gagné à être plus court. Ça commence assez fort, on ressent l'influence de Challengers sur la réal, puis la mélancolie du perso principal contamine le film pour le faire plonger dans une léthargie stagnante. Ça reste quand même un bon film sportif, sentimental et familial.
Les Dimanches (2025)
Los domingos
1 h 57 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Drame
Film de Alauda Ruíz de Azúa
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
Entre 6 et 6,5
C'est assez rompiche parce que la réal est sèche, bien que belle. Je parle pas d'un côté cru de documentaire, là c'est stylisé a minima, mais disons que la mise en scène aide pas à dynamiser une histoire qui parlera surtout aux grenouilles de bénitier, tout en interrogeant la foi dans son ensemble, et surtout la vocation qui lui est associée. On pense d'abord à un film d'irréductible athée passé par le printemps républicain et puis en fait non la représentante de la gauche PS anti-voile et compagnie passe pour la vilaine, et en fait pas tant qu'ça... Bref, c'est compliqué, et c'est dans les interstices, dans les doutes, que le film trouve de l'intérêt et de la beauté. Quand il y a des points de friction, d'achoppement, entre un camp, croyant, et l'autre, ou plutôt une triangulation de la friction avec une voie médiane qui voit cet internement volontaire dans les ordres comme une opportunité.
Bref on y trouve régulièrement de quoi bâiller, beaucoup de scènes-remplissage qui glissent comme l'eau sur les ailes d'un canard, mais c'est pas mal dans le genre film de catho critique entre 2 mondes, tiraillé entre le civil et le couvent.
Alice au pays des merveilles : Dive in Wonderland (2025)
Fushigi no Kuni de Alice to: Dive in Wonderland
1 h 35 min. Sortie : 14 janvier 2026 (France). Fantasy
Long-métrage d'animation de Toshiya Shinohara
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
6,5
C'est mi-moche mi-molette parce que la 3D est pas toujours réussie mais le discours sur l'accomplissement par le travail, ou plutôt l'anti-discours est salutaire. Ou comment la pression pour plaire aux Discriminatrices des Ressources Humaines fout dans le mal et force à la contorsion personnelle au point de ne devenir que l'ombre de soi-même. La métaphore est quelque-peu insérée au chausse-pied mais elle a le mérite d'exister.
Globalement l'expérience est plaisante et ça ruisselle de couleurs et de motifs esbaubifiants.
Baise-en-ville (2025)
1 h 37 min. Sortie : 28 janvier 2026. Comédie
Film de Martin Jauvat
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
Ça commence très fort, on sent tout de suite l'approche rythmée, chirurgicale, presque maniaque, au sens de ta mère de 60 piges, pas au sens de ton pote neuropsychiatre. C'est millimétré quoi, chaque blague tombe comme un couperet sur le chapelet de l'absurdité. C'est de l'humour pince-sans-rire de zoomère. Et comme tous les zoomères français sont de gauche (non), on retrouve plein de gueules connues idolâtrées dans la gouacherie pas forcément maxi. Du coup t'as du Hazanavicius [en passe d'être cancelled par les fichiers Epstein, j'attends l'article Mediapart sinon le média du moustachu anti-LFI le plus célèbre de France ne vaut rien [oui oui je sais il y est plus, il garde juste un titre honorifique, comme d'autres chopent des placards dorés au comex au lieu de se faire totalement évincer]] et même du Aurélien Bellanger le BG qui fait le tour des réacts des chaînes Touiche dès qu'il passe sur Frange Intère, c'est-à-dire une fois tous les 5 ans.
En fait j'arrive pas à déterminer si c'est moi qui sature vite de ce genre d'humour ou si justement c'est trop bien calibré au point de ne jamais vraiment faire respirer cette espèce d'humour à côté de la plaque borderline dad jokes, mais daddy déconstruit. Du coup on vit dans un univers parallèle où le moins BG des BG chope match sur match sans même lever le petit doigt [#cidolajalousie], mais bon c'est une comédie donc tout est permis. Sauf les acabistouilleries car l'humour n'est pas de cet acabit. Non non, ici c'est la grande réconciliation, parce qu'après tout on est tous pareils tous humains, de la fliquette [mot sexiste mais je me suis déjà auto-cancelled j'ai le droit] aux macronistes en passant par la victime de la startup nation. J'invente rien y'a vraiment une soirée de macronistes avec effigie de Macron en pancarte et en cadre d'hôtel de ville [baise-en-ville dans l'hôtel de ville] dans le film.
Du coup c'est sûr on peut pas nier l'originalité, faut juste adhérer au ton mi-humour nul made in France mi-zoomère dans la socdèmerie. C'est cool et bien réalisé, juste un peu trop gentillet à mon goût, même si bien sûr ça n'hésite pas à faire dans le cru et le cul.
Send Help (2025)
1 h 53 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Épouvante-Horreur, Comédie
Film de Sam Raimi
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
5,5
Pas mal de trucs dans la mise en scène m'ont dérangé, en + du ton au global qui est trop désinvolte, trop potache. Tout ça tient beaucoup + de la comédie que de l'horreur ou de la survie. On a parfois l'impression de voir un film avec Jack Black ou Dwayne Johnson, comme si Bienvenue dans la jungle croisait Jumanji nouvelle gen. Certes les jeux de volte-face permanents sont amusants mais tout me semble déjà vu et déjà dit ailleurs, tant dans les dynamiques sociales de renversement de l'autorité que dans la réclusion insulaire.
Alors certes Sam Raimi a sûrement voulu renouer avec la légèreté d'un Evil Dead, mais ça me semble à la fois trop lége dans la forme et assez lége dans le fond. Jusqu'à une fin ironique à l'image du reste du film qui ne dit rien de politique finalement, et ça ça déplaît beaucoup à la maxi-gouache qui dit que tout est dépolitisant. Une fin qui laisse tout bonnement sous-entendre que la mauvaise nature des individus est à la source même des maux de notre sociéterre. Mauvaise nature qui évidemment rejaillit d'autant + dans les pires moments, à la dérobée des regards.
Une fin qui suggère en une ironie douce-amère qu'il faut marcher sur ceux qui nous écrasent pour regagner sa place. La boucle est bouclée mais on tourne en rond.
Hurlevent (2026)
Wuthering Heights
2 h 16 min. Sortie : 11 février 2026 (France). Drame, Romance
Film de Emerald Fennell
Adrast a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Mon annotation était trop longue, du coup j'ai fait une crottique un peu à chier, mais on s'en fout, au fond, personne n'est là pour m'aimer (ni pour pépé).
Le Crime du 3e étage (2026)
1 h 44 min. Sortie : 11 mars 2026. Comédie, Policier
Film de Rémi Bezançon
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
Un peu trop normie dans la mise en scène mais c'est très appliqué et ça reprend bien les codes du thriller pour les appliquer à la comédie, pas trop franchouillarde ici.
The Mastermind (2025)
1 h 50 min. Sortie : 4 février 2026 (France). Drame, Policier
Film de Kelly Reichardt
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
Rompichable à souhait. Au bout d'une heure et demie il n'a plus rien à raconter et t'as tout compris. Dommage, c'est trop sage, bien qu'on parle d'un film de braquage qui par essence stimule et a son lot de situations qui donnent le petit frisson de la fripouille qu'on ne peut être en sociéterre. Mais la réal est trop académique, trop bonne élève, la musique dépasse jamais le stade de la partition jazzy BCBG, un peu espiègle, maligne, en fugue en khey mineur, mais globalement ça baigne dans la chiantise. Sûrement parce qu'on y retrouve l'actrice de cette autre chiantise cinématographique prout prout bobourge qu'est Licorice Pizza.
Il nous aurait fallu + de braquo artistique et moins de planque autistique, au final on en a un peu rien à foutre des retrouvailles avec d'ex-amis dépressifs de la campagne qu'on ne connait ni d'Eve ni d'Adam et qui servent de prétexte, aussitôt arrivés aussitôt repartis. Nathalie baille, moi aussi.
Le Mystérieux regard du flamant rose (2025)
La misteriosa mirada del flamenco
1 h 49 min. Sortie : 18 février 2026. Drame
Film de Diego Céspedes
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
La mise en scène dépayse mais je suis un peu passé à côté. C'est un essai queer bloqué dans l'unité de lieu, temps et tout l'bastringue. Je sais plus si on était dans le format 4:3, mais c'est clairement l'esprit ; à l'économie. Dans un univers désertique entre western et film à la Kusturica. Une sorte de Gadjo Dilo de la romance et de la défiance.
La Guerre des prix (2025)
1 h 36 min. Sortie : 18 mars 2026. Drame, Thriller
Film de Anthony Dechaux
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
C'est peut-être un peu trop planplan scénaristiquement, on est + dans le drame socioprofessionnel que dans le thrillère, et pourtant des éléments de réal y font penser pour lui donner un côté plus ricain et sérieux. Nonobstant on est dans l'assez bonne tradition du film-monstration des injustices et de la saloperie du monde du travail où comme je l'rappelle il n'y a que la saloperie qui paie. Game of Thrones, mais en vrai.
Gourmet campe bien son rôle de gros enfoiré fermé comme une porte de prison enragée, et Girardot m'a donné envie de voir d'autres films que j'ai pu rater dans sa filmo.
Furcy, né libre (2025)
1 h 48 min. Sortie : 14 janvier 2026. Drame, Historique
Film de Abd al Malik
Adrast a mis 5/10.
Annotation :
5,5
Comme d'hab' ou presque avec les films politiques FR, le sujet est important, souvent bien traité, mais l'interprétation laisse à désirer. Là c'est pareil, ça fait dans le théâtreux, certains dialogues sonnent faux voire dispensables, et la réal aide pas trop à effacer cette sensation, on a parfois soit des scènes chiantes qui endorment, soit des scènes cuculs clichées comme au debut, où le piti piano souligne l'amour transrace. Ç'aurait dû être plus court, malgré les années qui passent en chapitres successifs on finit par trouver le temps long car la société droitarde - ou plutôt les tenants de cette société - piétine elle-même pour conserver sa morale et donc ses affaires d'esclavagistes. Par palliers successifs, on cherche par différents arguments juridiques à affranchir un fils dont la mère elle-même a été affranchie. Une aberration juridique sur une aberration sociétale. Un marasme qui a duré toute une vie transposé, forcément ça appelle pas la variété et le film jukebox, mais au moins on a pas mal de plans et de scènes assez réussis.
Le Rêve américain (2026)
2 h 02 min. Sortie : 18 février 2026. Comédie
Film de Anthony Marciano
Adrast a mis 5/10.
Annotation :
5,5
La plupart du temps ça joue mal et par-dessus ça ça nous noie d'une musique niaise à base de piti piano et de flonflon les violons, à répétition. Toujours le même thème bouche-trou qui revient, avec des variations selon la situation. Et le reste c'est des tubes FM des années 2000 qui passaient sur toutes les radios à la con qui matraquaient les mêmes merdasses.
Heureusement il y a aussi des moments forts qui donnent envie d'y croire, dans l'esprit du seuport pas vraiment coubertin, mais le reste du temps globalement ça baigne dans un esprit méritocratique d'école de comex. D'ailleurs en parlant d'école de comex le film est construit comme une case study, version niaiseuse de Forest Gump français.
Reste Quenard que j'aime bien [mais j'crois qu'il est à moitié cancelled ou en passe de l'être, si c'est pas pour des affaires de moeurs ce sera pour cause d'egotrip] mais même lui a l'air fatigué comme moué. En même temps ça cadre avec son perso de pommard trop simple pour être vrai aux États-Unis des Amériques.
Ceux qui comptent (2026)
1 h 38 min. Sortie : 25 mars 2026. Comédie dramatique
Film de Jean-Baptiste Leonetti
Adrast a mis 6/10.
Annotation :
5,5
Ça gagne en intérêt au fil du temps car ça transitionne d'une comédie à persos archetypaux avec éléments dramatiques vers un drame social assumé qui fait un peu dans le poverty porn pas toujours crédible mais qui a le mérite de toucher les sentimengues.
La dynamique de groupe fonctionne assez bien, et comme tout est resserré autour de la famille on s'attache, un minimum.
Ma frère (2025)
1 h 52 min. Sortie : 7 janvier 2026. Comédie dramatique
Film de Lise Akoka et Romane Gueret
Adrast a mis 5/10.
Annotation :
C'est mignon-sympathique mais ça casse pas 3 pattes à un connard
































